Alcoolismes

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Responsable du dossier : Thierry Roth

Mise à jour : 24/04/2012

Après deux dossiers sur les drogues, nous ouvrons logiquement un onglet sur l'alcoolisme. Sans doute convient-il mieux de parler des alcoolismes : à celui bien connu du bon père de famille par exemple, ou encore de la classe ouvrière ou des artistes, se joignent aujourd'hui l'alcool de défonce de nombreux jeunes, l'alcoolisme féminin ou encore celui inclus dans les fréquentes poly-addictions. Ajoutons aussi les différences notables de statut entre l'alcoolisme dans la névrose et dans la psychose. Il s'agit en tout cas du premier motif de consultation dans les centres de traitement des addictions (les CSAPA). Ce dossier vise à fournir quelques repères sur un phénomène marquant de notre clinique contemporaine.

Inclus dans ce dossier, un texte de Charles Melman publié en 1991 dans un Numéro spécial de la revue Esquisses psychanalytiques consacré à Jacques Lacan pour les dix ans de sa mort.

  1. Alcoologie contemporaine : Les femmes et les enfants d'abord

    Auteur : Thierry Florentin

    Résumé 18/02/2012  

    Lorsque l’on cherche à s’orienter dans la cacophonie des théories contemporaines sur l’alcoolisme, on a vite le sentiment de se retrouver dans une cour des miracles, d’où s’élèveraient sans cesse des clameurs ininterrompues et discordantes cherchant à se chasser ou à se recouvrir l’une l’autre.


  2. De quelques spécificités de l'alcoolisme dans les psychoses

    Auteur : Thierry Roth

    Résumé 18/02/2012  

    Les travaux psychanalytiques sur l’alcoolisme, comme sur les addictions en général, concernent en grande majorité le champ des névroses, quitte à élargir ce champ à ce que certains appellent les borderlines. L’alcoolisme chez les psychotiques est souvent abordé, à tort, comme un aspect secondaire ou une simple complication de la problématique du patient.


  3. Les limites de l'interpretation et de la construction dans l'analyse des alcooliques

    (Texte publié dans Esquisses psychanalytiques, printemps 1991, n° 15, pp. 147-151)

    Auteur : Charles Melman

    Résumé 18/02/2012  

    On peut, schématiquement, et de façon certes caricaturale, opposer deux styles d’analysants. Les uns parlent et racontent avec abondance, mais refusent le point d’arrêt que viendrait inscrire la conceptualisation rétroactive d’une séquence ; avec l’analyste, et en même temps que lui, ils assistent impuissants au déroulement et à la répétition des récits interminables avant que la lassitude ou le sentiment d’inutilité n’y portent seuls remède. D’autres, au contraire, n’oseraient aventurer un propos qui ne soit préalablement rationalisé, mais souffrent du défaut de laisser-aller et donc de la possibilité de faire des découvertes. À mi-distance de ces extrêmes hystérique ou obsessionnel, le patient idéal, s’il en est un, est bien celui qui fait alterner le « temps pour entendre » et le « moment de conclure ».


  4. Recension

    Auteur : Jean-Louis Chassaing

    Résumé 18/02/2012  

    Dans la dédicace de son livre L’économie addictive. L’alcoolisme et autres dépendances, Jean-Paul Descombey parle de « ce quatrième livre sur ce sujet brûlant qu’on est tenté de fuir ». Sujet que l’auteur n’a pas fui loin de là dans sa pratique ni dans ses théorisations analytiques.

    La dédicace de son autre livre plus tardif, La psychiatrie sinistrée. Défense et illustration de la psychiatrie, mentionne à mon égard : Pour J.-L. C. vieil ami et analyste qui accepte de prendre les addictions au sérieux.


  5. Contribution partielle et partiale à l'histoire de l'alcoologie française

    Auteur : Thierry Florentin

    Résumé 18/02/2012  

    Une Association de Formation Psychanalytique m’ayant récemment demandé d’assurer un topo sur l’alcoolisme, cela m’a permis de faire un retour sur l’alcoologie, discipline par laquelle j’avais démarré ma carrière médicale au début des années 80.


  6. Pratiques de l'alcoolisme

    Auteur : Pascale Moins

    Résumé 18/02/2012  

    Comment la question de l’alcoolisme nous oblige-t-elle à penser une continuité ou une discontinuité de nos réponses aux demandes de soins en médecine et psychiatrie ? Si la psychanalyse n’est pas le traitement de l’alcoolisme, il ne s’agirait pas de penser sans la psychanalyse. Il y a en effet un débat souhaitable entre la psychanalyse et les thérapeutiques qui conseillent, consolent, indiquent les normes, soignent le corps. Une fois défini l’objet plaisir et toxique, en l’occurrence l’alcool et ses effets, la question de l’alcoolisme reste, me semble-t-il, incompréhensible si elle n’est pas référée au manque, à l’angoisse, et à la jouissance comme concepts psychanalytiques. À partir de mon parcours, je vais aborder la question sous l’angle des pratiques possibles avec l’alcool.


  7. Petits cadrages pour aborder la question de l'alcool…

    Auteur : Pascale Bélot-Fourcade

    Résumé 18/02/2012  

    L’alcool est un puissant psychotrope c'est-à-dire qu’il fait partie des substances qui ont une appétence pour la psyché. Nous ne nous étonnerons  pas que depuis des millénaires il bénéficie d’un statut un peu spécial par rapport aux autres drogues car c’est une drogue licite qui a toujours eu un rôle social particulier : participer aux libations sacrées des sociétés, accompagner le festif comme les rituels, etc… Ces effets ont toujours été remarqués et mis en exergue par les écrivains et les poètes.