Communication et cognitivisme
Auteur : Charles Melman 29/05/2012
Communication et cognitivisme
Vous écrivez un billet pour vous plaindre du ravalement du débat politique quand il est réglé non plus par la pertinence d’un texte programmatique mais par la qualité de l’image donnée par le candidat. Certes le texte n’était pas toujours suivi d’effets mais s’adressait au moins à l’intelligence de l’électeur, alors que l’image vise l’intuition et l’émotion. Aussi n’était-il pas forcément agréable de le vérifier en voyant un candidat se forcer à se donner un look, parler avec les intonations d’un illustre prédécesseur, paraître énergique quand sa placidité naturelle lui siérait davantage. Et l’autre s’évertuer à prendre le contre-pied jusqu’à se les mêler, les pieds, dans le baquet de Le Pen.
Donc vous écrivez cela pour vous plaindre que l’électeur soit traité de façon aussi malheureuse, sachant que le privilège accordé à l’imaginaire peut le conduire, en collectivité, au précipice. Qu’est-ce qui vous en revient ? Il vous revient que « la politique » n’a pas sa place sur un site de psychanalystes, d’autant que vous appelleriez à voter pour le candidat de la droite. Qu’est-ce que vous faites à ce moment-là ? Vous vous prenez la tête entre les mains. Puisque vous-même n’êtes pas lu mais seulement imaginé – ce qui démontre in vivo que les candidats avaient raison, à vos dépens. Que leurs conseillers visaient juste en se fondant sur les thèses du cognitivisme, c’est-à-dire d’une perception directe de l’environnement par l’organisme et sans qu’elle ait encore besoin d’être dialectisée. Décidément j’ai intérêt à soigner mon louque.
Charles Melman
