Voeux 2008
Auteur : Charles Melman 10/01/2008
Que vaut la psychanalyse ? Rien.
C'est même pour ça qu'on la paye cher. Car ce rien est le bien le plus précieux et sans lequel vous avez de l'asthme ou de l'eczéma, ou faites de l'anorexie, ou tombez sous le coup d'idées obsédantes à moins qu'il ne s'agisse de mentisme, ou hurlez votre hystérie, etc, etc.
Mais, avouez, le résultat final est plutôt décevant. Car ce rien gagné ne vous offre rien que le réel de la vie. Vouloir évaluer la psychanalyse c'est peser ce que vaut la vie. Combien et à quelle bourse ? On raconte qu'elle n'a pas de prix et c'est sans doute pourquoi, partout, religion ou économie libérale, on s'emploie à l'exploiter, à la soumettre, à l'indexer, à la compacifier, à la bétonner, à l'avorter...
La psychanalyse vivra le temps que durera le désir de vivre. Or il est fait beaucoup pour en être dégoûté.
Le début de l'année arrive sous le signe des ultimes manoeuvres politiques du grand raté de la psychanalyse qui, sous le prétexte d'une délégation gouvernementale, prépare les camps de rééducation (on appellera ça "Instituts de Psychothérapie", Mao ni Staline n'avaient pensé à ça) destinés à en faire le chef d'une confrérie jusqu'ici rebelle.
Ne serait-ce que pour notre secteur, 2008 sera ainsi une année intéressante puisqu'elle permettra d'évaluer le désir de survivre - barbelés ou pas - des psychanalystes.
Lire aussi (ajouté le 25 janvier 2008) :
- Ouverture des 2èmes Rencontres Parlementaires sur la Santé Mentale, par Bernard Accoyer
- Communiqué n°17, par Jacques-Alain Miller
