Situation actuelle des psychothérapies et de la psychanalyse aux Pays-Bas
Auteur : Brigitte Giraud 30/11/2003
Depuis les années 70 l'exercice des psychothérapies ou de la psychanalyse est soumis à une réglementation : il est nécessaire, pour exercer, d'avoir obtenu un diplôme délivré par un institut spécialisé ou une école donnant une garantie équivalente à une habilitation. La formation de psychothérapeute comprend différentes méthodes, comme les thérapies comportementalistes, cognitives ou d'inspiration analytique.
Les psychanalystes doivent être soit psychologue, soit médecin, soit psychiatre et avoir suivi une analyse didactique et un enseignement dans un des deux instituts habilités (IPA et société affiliée à l'IPA)
L'état ne reconnaît pas toutes les formes de thérapies, mais celles qui le sont et font partie de la Société Néerlandaise de Psychothérapie ont droit à un remboursement de leurs actes par l'assurance sociale publique, pour un maximum de 30 séances remboursables et renouvelables par an, y compris pour une psychanalyse.
Il existe aux Pays-Bas deux systèmes d'assurances, un public, et un privé qui cohabitent. Il est rare que l'assurance privée rembourse les thérapies, à moins d'avoir souscrit volontairement pour ce risque, comme pour les soins dentaires.
On distingue deux grands types d'interventions, celles qui sont de première instance, à qui l'assurance n'accorde pas plus de 10 séances, et les thérapies plus engagées, qui peuvent donner droit à une série de 30 séances maximum par an. Le contrat peut être renouvelé.
Le sujet qui veut avoir accès à une analyse doit d'abord en passer, s'il dépend du système public, par un centre spécialisé de soins, de sa propre initiative ou sur recommandation de son généraliste. S'il passe le cap d'une première inscription, il aura alors à subir trois entretiens d'anamnèse puis son cas sera évalué par un groupe de spécialistes psychanalystes. S'il est accepté pour une analyse (seulement 3% d'entre eux obtiennent l'accord) il lui est alors délivré l'adresse d'un analyste en formation à l'Institut. Si, ce qui est rare, en cours de route le patient interrompt sa cure et souhaite changer de thérapeute, il peut demander et recevoir une seconde adresse.
Pour une demande de thérapie, les formalités sont un peu plus courtes, on s'adresse soit à un Institut Généraliste, directement, soit sur recommandation d'un médecin de famille qui peut également recommander un thérapeute qui travaille hors Institut. En général ces thérapeutes privés ont quand même un lien avec un Institut pour pouvoir assurer leurs finances et obtenir un remboursement par la sécurité sociale.
En cas d'assurance privée, le choix du thérapeute est libre.
Dans tous les cas, les analyses ou les thérapies ne sont jamais entièrement gratuites. Le patient doit contribuer pour un minimum de 3 euros par heure, avec une limite de 350 euros par an.
Il faut savoir cependant que ces réglementations n'ont en rien empêché la prolifération de thérapies en tout genre, dites alternatives, non remboursées, mais que le public, en masse, utilise.
