Mattei et les psychanalystes
Auteur : Charles Melman 17/12/2003
L'atmosphère de la rencontre a été excellente, E. Roudinesco montrant qu'elle avait avec le Pr. Mattei une relation cordiale et ancienne.
Celui-ci nous a d'emblée exposé que l'intention de la concertation engagée ce jour avec les Associations psychanalytiques - ce que n'avait pu faire l'amendement déposé par un Député - était de les séparer de toute réglementation et de s'en remettre, de la part des pouvoirs publics, à leur autorégulation.
Cette intention se trouvait concrétisée par l'introduction dans l'amendement de la phrase que les Associations avaient souhaitée, stipulant que formation et qualification des analystes relevaient exclusivement de leur responsabilité. "La psychanalyse et ses applications" se voyaient ainsi distinguées de la réglementation de l'exercice de la psychothérapie.
E. Roudinesco s'est alors signalée comme "la représentante de beaucoup de monde", "au moins 50% des analystes" pour dire qu'il fallait rejeter l'amendement et ouvrir "une grande mission composée de gens sérieux" travaillant au moins 1 an pour traiter la question de "la souffrance psychique" en France.
À la question de savoir qui elle représentait, elle a spécifié : Espace analytique (représenté explicitement à cette table par J. Sédat) les Forums du champ lacanien (les trois grandes associations associées aux Forums pour parer aux risques, ignorant tout de cette délégation) l'École Sigmund Freud (dont la position aura à être vérifiée) la Société d'histoire de la psychanalyse...
Il est vrai que sur l'opportunité d'un refus de l'amendement ou bien de son explicitation, les groupes d'analystes ont pu avoir des opinions différentes : c'est bien normal.
Mais la situation devenait nouvelle dès lors que le Ministre reconnaissait leur légitimité et leur singularité.
Celui-ci a ensuite posé la question de leur titre, dès lors qu'une réglementation des psychothérapies risquait de provoquer une épidémie de vocations pour celui qui restait libre.
Il a lui-même suggéré qu'une mise à disposition du public des annuaires des diverses Associations puisse servir de référence et éviter les abus.
Ces dispositions libérales ont eu le soutien de toutes les associations présentes sauf l'ECF dont la représentante a lu un long texte préparé à l'avance et qui semblait donc exclure débat et concertation, et d'une personnalité, l'éminente historienne de la psychanalyse, E. Roudinesco.
