Psychanalyse et psychiatrie

 
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La mort du sujet

Auteur : Jorge Cacho 07/01/2005

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Extrait d'un article paru en 2000 dans Évolution Psychiatrique 

 

Lacan avait introduit le terme de la mort du sujet qu'il voulait explicatif du champ des psychoses et qu'il avait évoqué une seule fois, pour mieux rendre compte du renversement de la position subjective du président Schreber, qui, de l'indignation à l'idée de subir l'éviration selon l'ordre de l'univers passe à l'acceptation de ce "compromis raisonnable" (Versöhnung) p. 567.

Le passage d'une position à l'autre n'était rendu possible que parce que, entre-temps, le sujet avait pu lire dans un journal l'annonce de sa propre mort :

"un journal me tomba sous les yeux où l'on pouvait lire quelque chose comme l'annonce de ma propre mort : je tiens cet épisode pour un avertissement ; je ne devais plus compter désormais faire retour dans la société humaine. Je ne pouvais aller jusqu'à préciser s'il s'agissait d'un fait réel ou d'une hallucination produite par voie de vision. Il m'en est seulement resté l'impression que ... elle procédait d'un système, c'est-à-dire qu'une certaine cohérence y présidait qui, en tout cas, me permettait de déceler les intentions qu'on avait à mon endroit (p. 79)"

 

Signe de la volonté de l'Autre, de ses intentions destructrices, cette mort lui est annoncée par le service de renseignements de la parole imprimée qui le fait passer dans le registre de la "rubrique nécrologique ".

Contemporaine à l'expérience du "crépuscule du monde" et condition logique préalable au compromis raisonnable, cette mort produit une stabilisation de la position de Schreber dans son rapport au monde et lui permet d'y trouver une place. Elle inaugure une nouvelle temporalité qu'il appelle "le temps trivial" par opposition "au temps sacré", celui des collusions avec les forces naturelles.

 

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