Psychanalyse et droit

 
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Du lit-père au père matozoïde

Auteur : Jean Périn 06/10/2008

Bibliographies Notes

Le séminaire D'un discours qui ne serait pas du semblant, nous donne à réfléchir sur le père. Le père de la Horde s'écrit selon cette écriture logique dite ainsi : qu'il existe un x non phi de x. C'est l'au moins un ou : hommoinzin. Il fonde la fonction phallique.

Qu'en est-il du père selon la loi civile?

L'article 312 du code civil dispose que "L'enfant conçu pendant le mariage a pour père le mari". Ce texte traduit celui du jurisconsulte Paul : Pater is est quem nuptiae demonstrant. Lacan, dans un autre séminaire le cite aussi en latin. Ainsi le père est désigné par la loi comme étant celui des noces : pater is est. Mais certains disent seulement "est"; EST le père celui qui... La traduction du code laisse l'être pour l'avoir. L'enfant a un père et ce père c'est le mari de la mère. A bien lire le séminaire, il nous semble bien que le père de Paul et celui du code soit le père Oedipien. Historiquement et logiquement la clinique judiciaire le confirme tant et tant. En effet, "tout homme" que la mère aurait pu épouser aurait pu être le père de l'enfant. Façon de penser compatible avec la doctrine juridique. Voilà pour le père-mari.

Mais le père est aussi celui qui a conçu l'enfant. Il s'agit cette fois du père géniteur au sens du père du lit. Le droit, comme le remarque Lacan, connaît le lit, contrairement à la philosophie. Ce père est différent, était différent de celui d'aujourd'hui : le père biologique. Pour ce père du lit qui a conçu, le législateur avait édicté les fameux délais de 180 jours et de 300 jours correspondant aux grossesses les plus courtes et les plus longues. Ces délais, encadrant la présomption de paternité comme on l'appelle toujours mais dans un autre contexte. Cette présomption qui porte finalement bien son nom correspond à ce que nous appelons : fiction. Des juristes ont émis, de leur côté, qu'il y avait fiction. Par ces délais, ne recherchons-nous pas une certaine vérité sur le père? Les délais fondent la présomption-fiction. Comment saisir la conception? Ces délais nécessitaient que les jours soient comptés. On était loin de la méthode Ogino. Ils induisaient la conception. L'intérêt c'était de faire figurer sur une ligne les différentes dates : du mariage, des 180 jours, de la naissance et des 300 jours et d'y repérer une proportion.

Aujourd'hui, le père est devenu biologique, le spermatique papa. Autrement dit : un discours qui ne serait plus du semblant. En clinique, commencent à se présenter des pères de lit qui se mettent en grève : ils ne produisent plus de spermatozoïdes!

Bibliographie

Code civil, les articles 312 et suivants pour y lire l'impossible de la filiation ;

L'Eclat du Jour, février 1987, n°1: Lecture du Code civil à l'usage des psychanalystes : Du père.

Notes
Bibliographie