Psychanalyse de l'Enfant et de l'Adolescent

 
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Quelles solutions pour des classes d'adolescents en panne ?

Auteurs : Françoise Bernard, Catherine Ferron 05/01/2005

Bibliographies Notes

L'éducation aujourd'hui : que peuvent en dire des psychanalystes et quelles propositions pourraient-ils faire ? Pourquoi des psychanalystes : parce qu'en effet leur formation est diverse sinon diversifiée et qu'ils sont confrontés au social dans la mesure où les patients viennent du dehors. Ils ont une certaine idée du monde qui passe par une éthique, éthique de la vérité, du bien dire, de l'ouverture sur une liberté de la parole, toutes choses qui sont denrée rare lorsqu'on questionne aussi bien les élèves que leurs maîtres souvent prisonniers d'un mépris réciproque où la méprise se consomme. La plainte est partout, l'autorité défaille et la violence règle les comptes.

"A quoi sert ce que je fais à l'école ? le Paris Dakar sur ma bécane m'en apprendra davantage" entendons-nous par exemple ; eh bien nous allons prendre au mot ce jeune homme en partant tel Ulysse faire un long voyage de découverte : le Minotaure est omniprésent et, telle Ariane, Françoise Bernard propose un fil avec lequel Thésée perdu dans le labyrinthe, va pouvoir vaincre et ressortir victorieux.

Le fil

Il faut un certain courage au professeur principal ou au proviseur qui a déjà entendu parler du dispositif, pour se décider à s'engager : il s'agit en effet de faire le constat qu'il manque quelque chose (dans la structure pédagogique, éducative, dans l'équipe, dans la classe) pour que le désir de s'investir - et pas seulement à l'école - émerge.

L'élaboration de ce constat nous amène en quelques heures à la construction et au développement du projet proprement dit. A partir des "ça fait 20 fois que je leur raconte la guerre de 14 et ils ont encore mis Verdun dans les Vosges" ou bien "ils n'écoutent pas... ça ne les intéresse pas", "ils zappent... et l'orientation est pour le mois prochain, ou l'examen", qu'allons-nous faire ? Proposer aux membres volontaires de l'équipe enseignante de suivre avec nous 2 jours + 1 jour de formation au cours desquels ils vont se questionner sur leur parcours et leurs "minotaures", s'interroger sur leur mission d 'enseignant aujourd'hui et sur les possibilités de transpositions de leurs réflexions aux élèves qui les attendent.

Libre à eux ensuite, de faire résonner leur enthousiasme à l'équipe pédagogique et au proviseur qui va décider avec eux de faire entrer Ariane en la personne de Françoise Bernard dans l'établissement.

Le temps du dédale

La classe la plus difficile va l'éprouver (2 jours pleins plus 1 jour) quelques semaines plus tard. La question du mythe (méthode Françoise Bernard, Autographie, projet de vie) est au premier plan et reprise de diverses manières, sérieuse ou ludique pour amener les élèves à se dire que, bien souvent, le monstre n'est pas celui que l'on croyait ni même là où l'on pensait qu'il était.

Le professeur, Françoise Bernard et les élèves parlent : tous entendent la même chose et constatent que ce n'est pas la même chose : la parole circule dans la disparité des places ; alors les élèves d'abord timides inventent des scénarii, où par exemple l'on retrouve Thésée à New York en Ferrari. Le professeur, délogé de son bureau, intervient ou pas, et Françoise Bernard par son jeu de silences, de reprises, de regards, de gestes, d'implication corporelle, provoque de l'inédit : ils apprennent tout à coup que le non-dit peut s'entendre et faire "sensure" : c'est le moment de la surprise, des découvertes.

Peu à peu les "outils-jeux" déploient les réflexions et l'avenir. Le cynique se découvrira concerné et le timide montrera sa capacité d'élaboration. "Vous ne nous verrez plus jamais comme vous nous avez vus jusqu'à présent" disent les élèves à la fin du parcours, à leurs enseignants qui vont poursuivre le travail d'élaboration des questions dans des modalités diverses mais toujours soutenues.

Conclusion

L'autre ne détient pas votre vérité : telle est en substance ce qu'articule Françoise Bernard aux élèves de tous âges, mais surtout en panne de désirs, de projets, d'intérêts et récalcitrants. Ne pas se dérober aux questions (sur le racisme par exemple) et faire entendre les multiples entrées du dictionnaire que compte chaque mot, c'est-à-dire l'équivoque du signifiant pour la fonction du psychanalyste et les enseignants en ont entendu quelque chose qui perdure souvent après le départ de Françoise Bernard.

Qu'avons-nous fait entendre sinon les lois de la parole et du langage, sans chosifier l'autre qui ne nous appartient pas ? Rappelons que pour faire accord il faut du discord, que de l'impossible il en reste toujours et que le temps n'y est jamais pour rien.

Nous vous proposons de consulter le site http://www.institut-ifb.com/ de l'Institut Françoise Bernard.

Notes
Bibliographie