Télékomm
Auteur : Charles Melman 16/07/2011
Comme je l’enseigne à l’EPHEP, notre perception de l’environnement n’a rien de naturel. Elle est informée en effet par un regard situé dans l’Autre et qui découpe et donne leur sens aux formes dans le champ de ce qui devient alors pour mon œil celui de « la réalité ».
Nous suivons encore Lacan en disant que ce regard dans l’Autre a pour support l’objet « a » de mon fantasme.
La singularité dès lors et la précarité de ma « vision du monde » peuvent s’affermir par une affirmation paranoïaque ou bien par la confirmation qu’elle reçoit de la vision collective, éventuellement paranoïaque elle aussi quand elle confond semblant et réel.
En ce moment de la culture où s’impose la mondialisation d’une représentation des formes du « bien-être », passant par le détachement attendu de chacun des singularités de son désir, les télécom – la télé, en particulier – deviennent télékommandatur.
Cette banalité quoique excessive et choquante, semble mériter d’être dite au regard du libéralisme.
