Tableau de chasse avec pigeons et faisan au XXIe siècle
Auteur : Charles Melman 09/02/2008
L'avenir de la psychanalyse en France dépend aujourd'hui des pouvoirs publics ; depuis des décennies, les gouvernements successifs, de droite ou de gauche, sont exposés à la pression des associations de consommateurs qui réclament la protection du titre de psychothérapeute. En face d'eux, des "fédérations" de "psychothérapeutes" qui voient dans la circonstance l'occasion de s'imposer au titre de formateurs ; d'autant que "la psychanalyse" est déjà inscrite dans le programme qu'elles vendent. Entre les deux, se retrouvent coincés des universitaires, progressivement écartés par les cognitivistes et qui rêvent leur avenir dans des instituts pas moins privés : ainsi l'enseignement de la psychanalyse et le diplôme rendu obligatoire ne sont pas moins à leur programme. Au milieu encore et actif parmi les professeurs, un mal-faisan, dont la vocation exclusive est de parvenir à mettre la main sur un domaine, quel qu'il soit, et pourquoi pas celui de la "santé psychique des Français, gravement menacés" (écrit ce fin spécialiste).
Ce vieux militant d'extrême gauche, puis de gauche, et qui réclame maintenant la dissolution du P.S. (!), suit l'évolution normale : fort de l'appui d'Alain Juppé, il est prêt à mettre l'agitation parfaitement artificielle qu'il cherche à provoquer, au service du gouvernement.
Enfin les associations psychanalytiques, restées aptes à maintenir l'esprit de recherche et le devoir de responsabilité quand elles les choisissent, et que réunit le "groupe de contact".
Ce seront donc les décrets d'application de l'article 52 qui décideront si la psychanalyse est bien reconnue comme distincte des psychothérapies et sa formation validée par les sociétés de psychanalyse. Espérons que le Dr Accoyer saura faire valoir auprès du Conseil d'État et du Ministère de la Santé l'esprit de la loi que, au prix de maintes difficultés, il était parvenu à faire voter.
