Quels faits de structure sont-ils à l'origine des quêtes identitaires ?
Essai de topologie appliquée au lien social
Auteur : Pierre-Christophe Cathelineau 09/12/2006
Journées d'étude de l'Association lacanienne internationale et de l'École Rhône-Alpes d'Études Freudiennes et Lacaniennes sur Quête d'identité et relation d'altérité, 11 et 12 novembre 2006, à Grenoble
Je voudrais en introduction à ce travail dire qu'il s'agit pour moi de vous proposer des hypothèses. Elles ont donc une portée plus exploratoire que définitive. Pour illustrer mon propos j'évoquerai tout de suite une oeuvre d'art dont a déjà parlé Nazir Hamad lors du colloque de Fez de Mai 2006 sur les heurs et les malheurs de l'identité. C'est une fresque d'Ambrogio Lorenzetti qui orne la salle du palais communal de la ville de Sienne. Je me permets donc de reprendre son exemple. Cette fresque a pour titre Les effets du bon gouvernement. Elle se lit de gauche à droite et se spécifie par le parcours d'une corde passée de mains en mains à différentes figures emblématiques du lien social à Sienne vers 1358. Cela commence par celle de la Sagesse qui tient la Bible et se poursuit vers celle de la Justice, puis vers celle de la Concorde. Elle est présentée avec un rabot sur les genoux dont la fonction, on le devine, est d'aplanir les disputes. La corde passe ensuite dans les mains de 24 citoyens qui incarnent le gouvernement, puis dans celle d'un vieillard habillé en noir et blanc aux couleurs de la ville. À ses pieds sont campés la louve et les deux jumeaux qui rappellent les origines romaines de la cité.
L'identité comme sens et singularité
La corde d'un seul tenant ici est ce qui relie des métaphores entre elles, conformément à la fonction qu'elle prend dans le noeud borroméen et ces métaphores permettent de doter d'un sens cet effet de lien obtenu par la corde. Ainsi ces différentes figures indiquent-elles les idéaux auxquels l'identité siennoise fait référence sur les murs de son hôtel de ville. La Bible, les vertus et la louve semblent ainsi conjoindre l'origine symbolique, imaginaire et réelle de la Cité. Le récit qui s'en institue est celui d'un temps de fondation symbolique qui tient du Livre, mais aussi biologique en ce qu'il se rapporte à la louve, mère ancestrale. Si elle n'était revêtue de ce sens, la corde ne serait pas lisible comme lien et c'est précisément ce sens qui fait identité à la fois religieuse, morale et politique. Les effets du bon gouvernement sont en réalité ce que par la grâce des signifiants Lacan appelle des effets de sens. Ils permettent de lire la corde et de lui conférer une orientation.
Il est vrai que la référence à ce sens singularise l'identité siennoise puisque ce sens résulte d'un certain nombre de traits qui distinguent cette identité d'autres identités. Elle n'est certes pas dénuée de complexité. En elle confluent le texte sacré des monothéismes, des vertus éthiques et une ascendance romaine. Mais cette complexité est singulière : c'est de l'extraction hors de la chaîne signifiante de certains traits différentiels que se constitue l'universel pour la ville de Sienne. Il convient ici d'insister sur l'idée de singularité en ceci qu'il s'agit de différences isolées de la signifiance. Comme l'a montré Lacan à propos du diagramme de Pearce, c'est de ces traits d'exception que procède l'universel, et non l'inverse. Ce sont des singularités qui le régissent. Tout autre chose est de dire que tel élément particulier est soumis à cet ordre d'universalité. Cela signifie simplement qu'à l'intérieur d'un certain univers de discours les éléments particuliers qui dépendent de cet univers relèvent de l'universel institué par cet univers de discours. La distinction entre singularité et particularité est ici capitale. L'univers de discours qui provient de traits spécifiques est toujours singulier et c'est comme singularité qu'il se distingue d'autres univers de discours.
À ce titre il est remarquable que l'identité d'un groupe humain se constitue toujours comme un ensemble de traits différentiels qui le singularisent par rapport à tout autre groupe humain, quelle que soit la complexité en jeu pour penser cette singularité. Il est possible d'illustrer cette thèse à partir de ce que dit Lacan du christianisme dans la leçon du 18 décembre 1973 des Non-dupes-errent. Lacan y décline le noeud dans cette catégorie du sens, puisqu'il désigne chaque dimension du symbolique, du réel et de l'imaginaire d'un sens qui lui donnerait son orientation. N'est-il pas possible de penser que ces nominations qui vectorisent le noeud laissent prévoir chez Lacan l'hypothèse d'un rond quatrième porteur de nomination et principe d'orientation pour le noeud ? En tout cas les dimensions R,S,I ne peuvent être ordonnées et différenciées sans le secours de cette nomination quatrième. Dans les Non-dupes-errent Lacan ignore cette difficulté en distinguant les dimensions R, S, I par des noms différents au sens spécifié, mais il en anticipe la nécessité par l'adjonction d'une nomination de sens répartie sur les trois dimensions. Au symbolique correspond l'amour de Dieu, au réel la mort et à l'imaginaire le corps. Le symbolique comme amour de Dieu y joue le rôle de moyen entre la mort et le corps. Ainsi aux dires de Lacan le corps devient-il mort par le moyen de l'amour, comme nous en persuade le mythe fondateur de la mort et de la résurrection de la chair.
Il est à noter que l'émergence de ce sens ne peut procéder que d'une mise à plat du noeud. Plongé dans trois dimensions au lieu de deux, cette interprétation du noeud est impossible. Cette question du sens a parcouru la méditation de Lacan sur le noeud, puisqu'en écrivant dans le noeud la jouissance phallique, la jouissance Autre et le sens, c'est encore à une lecture dans les deux dimensions de la mise à plat que nous convie Lacan.
Le sens du christianisme relève donc d'une interprétation singulière du noeud borroméen.
Cette écriture peut-elle se décliner sur d'autres identités ? Ce n'est en effet pas la seule interprétation du noeud. Lacan propose encore dans les Non-dupes-errent une interprétation du noeud propre à l'amour courtois. Ce thème sort de mon propos. Mais j'ai cru devoir avancer que l'identité juive et l'identité musulmane renvoyaient également à des interprétations singulières du noeud. Il y aurait un nouage du judaïsme et un nouage de l'Islam. J'ai déplié dans d'autres textes les sens qui président à ces deux identités et je me contenterai simplement de dire que le noeud du judaïsme suppose que le symbolique soit déterminé par le sexe ou le Nom divin, le réel par la vie et l'imaginaire par le corps. Dans l'Islam le symbolique ressortit de la Loi écrite (Le Coran incréé), le réel du désir et l'imaginaire du corps. Le début de la Genèse (Berechit), du Cantique des Cantiques (Chir Ha-Chirim) et La lettre sur la sainteté (Igueret HaQuodech) sont autant d'illustrations de la manière dont la vie est liée au corps par le moyen du sexe ou du Nom divin dans la tradition juive.
Ces nominations sont autant d'écritures qui donnent de l'un et du trois une interprétation. Différents effets en résultent. Dans le christianisme l'amour divin aboutit au "vidage" de l'amour sexuel et c'est cette dimension qui se trouve mise à l'écart. De même avec l'Islam le désir n'a-t-il pas sa place dans le registre de la loi écrite et s'en trouve-t-il clivé : cette indication me paraît rendre assez bien compte de la manière dont le sujet se trouve radicalement rejeté par les prescriptions religieuses hors du champ symbolique, sinon comme dans la mystique soufi à autoriser du réel lui-même ses illuminations. Cette structure instaure un ordre politique qui ferme la porte au sujet et un accès du désir à un corps féminin bordé par les prescriptions d'une loi écrite.
Ces nominations sont-elles compatibles entre elles ? Rien n'est moins sûr. Quand le christianisme vide le symbolique de l'amour sexuel, le judaïsme l'en remplit par exemple. Il est vrai que ces petites différences sont plus importantes qu'il n'y paraît au premier abord et que le narcissisme toujours singulier qui en découle s'enracine dans des traits spécifiques. Mesurer avec rigueur les effets de sens sur la structure n'implique pas d'en être dupe. Lacan dans cette leçon du 18 décembre 1973 met en garde son auditoire contre certains mirages du sens et cette mise en garde s'applique également à l'identité, puisqu'elle est tissée par le sens : "Je suis assez tranquille sur ceci que je prends garde à ce que vous ne donniez pas trop de sens et trop vite à ce que je dis, il y a un bon moyen, enfin, pour obtenir le même résultat, c'est de vous en donner assez pour que vous le vomissiez (...). Je vais vous dire des choses à vomir, et puis après tout, hein, vous aurez le temps de les ravaler comme le chien de l'écriture."
Il y a en effet du point de vue qui est le notre une répugnance légitime par rapport au sens qui rend toujours un peu suspect celui qui s'y intéresse, soit que son intérêt se porte sur ces pourvoyeuses de sens que sont les religions, soit qu'il aille vers les identités. Il faudrait s'interroger sur l'origine de cette répugnance. Elle me paraît pour ma part provenir de la lecture du noeud borroméen que propose Lacan au commencement de son exploration : c'est un noeud dénué de sens avec toutes les difficultés que cela comporte dans le séminaire R,S,I.. R,S,I, c'est également l'écart maximum de la métaphore. Ce qui signifie que le réel, le symbolique et l'imaginaire sont des signifiants qui ne sont pas substituables entre eux et qu'ils permettent toute substitution. Il s'agit des points de butée réels de la chaîne signifiante hors sens. Les analystes qui ont lu Lacan s'y réfèrent donc tout naturellement pour tenir le sens à distance. Pourtant Lacan y a recours. Que fait-il alors ? Il referme à dessein l'écart métaphorique, comme l'y invite par exemple le christianisme avec l'amour de Dieu, la mort, le corps, pour montrer les effets du sens. Ainsi, la théologie chrétienne a-t-elle joué du pouvoir de substitution de ces signifiants et a-t-elle enfermé l'interprétation dans l'horizon de ce sens là à l'exclusion de tout autre. Telle est sans doute la conséquence des métaphores qui régissent ordinairement l'appréhension du noeud. Elles sont multiples et les identités religieuses monothéistes ne les résument pas bien sûr. L'écart métaphorique peut être réduit et les identités précisément s'y emploient, en conviant celui qui y trouve appui à cette stase du sens que le sens porte en lui-même.
Un réel désarrimé à la recherche d'un sens qui fasse noeud
Après ces quelques remarques sur l'identité je reviens à la question : quels faits de structure sont-ils à l'origine des quêtes identitaires actuelles ?
Elles ne surgissent pas de nulle part, mais dans un contexte où prévaut un certain rapport généralisé à la jouissance, en tant qu'elle est réelle. Charles Melman en a étudié l'incidence dans L'homme sans gravité. L'hypothèse que je voudrais présenter ici est la suivante. Le sujet aurait affaire à l'objet, en tant que réel, dans les échanges engendrés à l'infini par l'économie de marché. Cet objet pourrait ainsi être décliné sur toute la gamme des échanges marchands et c'est à une prolifération d'objets allant des biens matériels aux biens immatériels que fait référence ce nouveau système infini d'échanges. A la limite aucun objet n'échappe plus à l'échange, pas même les parties du corps propre qui en droit ne sont pas cessibles. L'objet est désormais l'agent déterminant du lien social : c'est lui qui commande et qui dicte les conduites. Sa production procède de dispositifs techniques, où la raison instrumentale poursuit des fins pratiques sans autre appui que le Discours de la Science.
La première conséquence de cet agencement est celle pointé par Charles Melman d'une jouissance sans borne où les limites de l'impossible sont sans cesse repoussées. Ce rapport à l'objet qui implique le plus souvent sa plus immédiate consommation ne divise pas le sujet qui y est asservi sur le mode de l'addiction, comme si l'addiction toxicomaniaque devenait le paradigme normal de ces jouissances multiples proposées dans le lien social.
Sa seconde conséquence est celle de la disparition de toute hétéronomie dans le lien social, de telle sorte que la place de l'Autre dans l'échange ainsi que la différence des sexes qui en résulte paraissent simplement abolies. Nous assisterions à l'éviction de toute position tierce et à la forclusion de toute loi symbolique. Ainsi les écrits de Judith Butler sont-ils à ce titre exemplaires et symptomatiques, par leurs aspirations, de cette dissolution de l'ordre symbolique.
Son dernier livre Défaire le genre prétend ainsi sonner le glas des vieilles lunes de ce qu'elle dénonce sous le vocable d'ordre patriarcal. C'est au nom de la liberté et de l'inventivité individuelle qu'elle combat d'un même mouvement la différence des sexes et cet ordre patriarcal honni dont les psychanalystes issus du structuralisme seraient les gardiens réactionnaires et désuets. Sa défense et illustration de l'homoparentalité et du mariage homosexuel découlent de ces présupposés. Là où une jouissance sans limites dicte sa loi au champ social, le sexe laisse place aux genres qui dans leurs multiplicités et leur fragmentation relèvent de choix personnels : il reste quelques hétérosexuels , mais il y a les homosexuels, les bisexuels, les transsexuels, les drag'queens, etc...La liste n'est pas close de l'inventaire créatif du nouveau lien social. Rien n'est désormais impossible. La société évolue. Les valeurs sont relatives. Un relativisme historique issu de la pensée de Michel Foucault donne un étayage certain à ce dépassement de l'impossible.
Quel objet serait-il en jeu dans ce lien social sans impossible ? Il s'agirait peut-être d'un objet réel sans bord, dont seule vaudrait la jouissance sans impossibilité. Comment cela peut-il se présenter d'un point de vue topologique ?
Une première hypothèse conduirait à envisager un simple dénouement des dimensions du symbolique, de l'imaginaire et du réel et une économie de la jouissance fondée sur le seul réel. Il convient d'entendre ce dénouement en son sens concret et littéral. L'absence d'impossible viendrait du fait que l'objet ne serait pas coincé par les trois dimensions, mais éprouvé dans le réel. Pour les névrosés s'agirait-il d'une mise en suspend du nouage, où les dimensions du symbolique et de l'imaginaire ne garderaient qu'une consistance virtuelle sans que nous puissions préjuger de la pure et simple disparition de ces instances ? Pour les psychotiques la dislocation du noeud borroméen ne fait pas difficulté. Le dénouement est chose pensable.
Une seconde hypothèse préserverait un semblant de nouage sous la forme du noeud de trèfle. La jouissance phallique, la jouissance Autre et le sens seraient mis en continuité et le réel, le symbolique et l'imaginaire seraient à proprement parler indiscernables. C'est une autre façon de repousser les limites de l'impossible. L'objet est bien coincé, mais la continuité des dimensions abolit l'appréhension du bord. C'est le noeud de la paranoïa.
Dans les deux cas, dénouement ou mise en continuité des registres, l'objet est sans bord véritable, si ce n'est que dans le noeud paranoïaque il y a encore coinçage de l'objet malgré le forçage de l'impossible.
L'ultime résultat de ce forçage est la disparition du rapport métaphorique du sujet au langage. Cette conséquence se comprend aisément si nous nous souvenons que ce qui vient le soutenir est précisément l'écart maximum de la métaphore. Cet écart n'existe que dans le noeud borroméen entre trois dimensions différenciées qui serrent l'objet entre leur consistance. Cet écart n'est préservé que si dans la parole sociale la loi symbolique vient constituer ce bord par rapport à l'image qu'elle lie au réel.
Quelle est la fonction de la quête identitaire dans ce contexte de dénouement ou de mise en continuité des registres ?
Celle-ci assure le passage de la jouissance à la "j'ouie sens" d'une manière automatique. En effet que se passe-t-il avec l'identité recouvrée et revendiquée ? L'identité donne du sens à la jouissance et permet de restaurer un semblant d'écart métaphorique dans le champ du langage. Il s'agit tout d'abord de nouer grâce au sens des dimensions dénouées, en se servant du sens pour les différencier et les lier entre elle. Ou bien de distinguer grâce au sens des instances indiscernables dans leur continuité.
À ce titre les identités religieuses monothéistes, telles que nous les avons explicitées, peuvent aisément servir de support topologique à l'identification du sujet, lorsqu'il n'a plus qu'une perception virtuelle des consistances ou bien lorsqu'il subsiste dans l'indifférenciation des registres du symbolique, de l'imaginaire et du réel.
Le cas n'est pas rare en clinique aujourd'hui de ces sujets qui se sont jetés à corps perdu dans certaines jouissances contemporaines, toxicomanie ou prostitution, et qui redécouvre dans l'allégeance à un lien communautaire une forme d'apaisement. Plus généralement la revendication identitaire surgit dans un champ social où la mondialisation permet que se répande cette modalité de rapport à un objet réel sans bord assignable. Elle est la réaction automatique du sujet pour redonner consistance à un certain écart métaphorique, restreint mais effectif. Ainsi la diffusion du pentecôtisme au Brésil répond à cette angoisse et d'une autre manière le fondamentalisme musulman n'est que l'effet en retour de ce qui est perçu au Moyen-Orient comme une menace de désarrimage subjectif en provenance de l'Occident. Les exemples de cette réaction abondent et se déclinent selon la variété des singularités historiques. D'autres quêtes identitaires trouvent leur appui dans un héritage national ou régional. L'histoire, la mémoire et le deuil tissent la trame métaphorique dans laquelle le sujet peut donner sens à son identification, mais aussi donner corps au signifiant maître qui manque cruellement avec le triomphe de cet objet sans bord. Cette conquête de l'identité procure certains bénéfices : elle substitue au commandement erratique d'un objet sans bord le maître qui donnera sens au sacrifice suprême, celui de la vie.
Quel est en effet le gain attendu de l'identité ?
C'est celui de la stase du sens. L'identification vient se figer dans un sens qui est le bon, l'unique. Un semblant de métaphore est restauré au prix d'une stase. "Je suis ça" et rien d'autre, et surtout pas autre chose. La revendication d'une identité se prête aisément à la paranoïa où l'Autre devient persécutif et persécuté. La métaphore vire au signe, au signe certain et sans équivoque. Ici le noeud de trèfle est peut-être la meilleure présentation de cette identité verrouillée par le sens qui fait signe. Notons que cette identification pétrifiée est la transposition du principe d'identité, bien connu depuis Aristote, à la position subjective : A=A. Quelle logique ignore l'affirmation d'une identité ? La différence du signifiant d'avec lui-même que Lacan met en évidence dans L'identification.
C'est pourquoi les psychanalystes s'alarment des quêtes identitaires, puisqu'elles contreviennent aux lois de la parole. Un signifiant est différent de lui-même. C'est l'écart maximum de la métaphore qui donne son statut à cette différence dont les psychanalystes sont les garants. Mais ils sont à même avec les outils de la topologie de rendre compte des mutations d'une structure à l'autre.
