Psych et Po voguent vers le progrès
Auteur : Charles Melman 14/06/2007
Qui donc aujourd'hui pourrait ne pas être pour le progrès ? La difficulté est seulement de savoir à quoi on le reconnaît. En son nom, la tradition des Lumières - dont Lacan explicitement se recommande - visait à éclairer la zone d'ombre dont s'abrite ce pouvoir qui a l'effet pérenne de nous écerveler et de nous châtrer.
Retenons à sa décharge toutefois que c'est plutôt ce qu'on en attend.
De sorte que lorsque la science nous en débarrasse radicalement, en retournant cette fois contre le père la castration dont il était l'agent, il ne nous reste qu'à chercher du côté du signifiant l'effet d'abrutissement et de tranchement qui manifestement nous manque. À la différence que, désormais, ce pouvoir est absolu : pas d'Oedipe contre l'empire des mots.
Que restera-t-il de la dernière campagne présidentielle ? Sûrement pas un programme mais des mots : racaille, Kärcher, ordre juste, bravitude. Si les autres candidats sortiront de la mémoire, c'est faute d'un signifiant pour les identifier et inviter au tranchement non plus d'une partie de leur corps mais de sa totalité.
Cette entrée dans l'ère de la malédiction généralisée, un progrès ?
La semaine prochaine : Psych et Po sont démocrates.
