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L'après qu'a raté

Auteur : Charles Melman 26/03/2006

Bibliographies Notes

Les étudiants manifestent contre la précarité de l'emploi, et ils ont bien raison.

Mais en attendant, de qui confortent-ils l'emploi ?

  • Des groupes d'extrême-gauche qui ont travaillé comme détonateurs afin de détraquer le système social ? C'est certain.
  • Des syndicats universitaires et étudiants qui sont les relais des partis de gauche ? Sans doute.
  • Du P.S. qui peut retrouver une santé sans avoir besoin de s'accorder sur des programmes qui le divisent ? Probable.
  • De M. de Villepin qui joue à qui perd gagne et peut gagner beaucoup si le pourrissement de la situation provoque un raz-de-marée de droite ? Pourquoi pas ?
  • De M. Sarkozy qui dégage enfin une stature d'homme d'État quand c'est le premier ministre qui revêt le casque de CRS ? C'est sûr.
  • De M. de Villiers qui dénonce la chienlit ? Oui.
  • De M. Le Pen qui n'a rien à dire pour voir son électorat gonfler ? Pas de doute.

De la sorte, et avant de se retrouver au chômage, les étudiants travaillent déjà si bien que des conjoncturistes imaginent que le 2e tour de l'élection présidentielle pourrait se jouer entre Marine Le Pen et Olivier Besancenot. Pour qui voteront-ils alors ?

En attendant, les étudiants ont bien raison de contester la précarité, mais elle n'est pas primordialement là où ils la visent.

Elle est d'abord dans la position de la France qui, après son non à l'Europe, voit s'aggraver néanmoins la précarité de ses frontières.

Elle est dans le sort de ses grandes entreprises qui, nationalisées ou pas, risquent demain d'être absorbées.

Elle est dans la fluctuation des éventuels bassins d'emploi, qui peuvent s'avérer vides une fois les études finies.

Elle est dans l'évolution rapide des techniques qui rend vite obsolète le superbe et juteux progrès d'avant-hier.

Mais avant tout ça, elle est dans la relation qui aujourd'hui noue entre eux nos concitoyens.

Entre parents et enfants, entre conjoints, entre amis, entre autorités et administrés, entre religions, entre ethnies, entre enseignants et enseignés etc. plus rien ne tient.

Seule tient debout l'échelle de l'évaluation au moment même où c'est la notion de valeur qui disparaît. Et c'est dans un espace désormais régi par la mécanique des fluides qu'elle est plantée.

Alors, les étudiants, que faire pour lutter contre la précarité de l'emploi ? Eh bien, n'hésitez pas, commencez par lire L'homme sans gravité, 12€, dans toutes les librairies. Il permet au moins de se tenir à une rampe.

Notes
Bibliographie