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Edito de Charles Melman : Nique ton père

Auteur : Charles Melman 18/10/2011

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Nique ton père

 

Le canard sans tête qui dès 14h continue de courir dans nos rues publie trois ou quatre pages pour célébrer le concept de « gender », photos esthétisantes à l’appui. L’opposition d’une centaine de députés réac à l’inscription du thème dans l’enseignement public est la cause de ce docu, riche d’une interview de son égérie, Judith Butler et sans que quiconque y fasse réponse.

Ces quelques lignes ici n’en sont sûrement pas une, puisqu’on ne saurait assez applaudir à son projet. Il est en effet éclairant sur un moment de notre culture, quand la maîtrise des procès de la fécondation permet de s’affranchir de l’amour pour le père et de la condamnation qui frappe tout bébé à sa naissance de devoir le célébrer par l’assomption et le bon usage de son sexe. Ouf ! je peux enfin en jouir au gré de ma fantaisie et de mon bon plaisir. Voué jusque là à l’altérité, le sexe devient ainsi un bien de consommation personnelle, registre connu mais qu’il convient de déculpabiliser. Why not ? comme dirait Judith Butler.

Juste un point. Ce jeu ne voit son intérêt alimenté que par le fait de niquer le père. Une fois celui-ci destitué, le jeu perd de son érotisme et il y a fort à parier qu’alors c’est de nouveau l’anatomie qui fera le destin ; il n’y aura plus de raison de se compliquer abusivement la vie.

 Charles Melman

 P.S. : En réalité une objection tout de même : on s’ennuie ferme dans les Gender Studies. Le sexe a toujours été la grande occasion de rigolade ; or ces studies paraissent la fin même de l’humour. Mais c’est vrai bien sûr ! la nouvelle économie psychique ne connaît qu’une seule forme d’humour : le sarcasme. Or ces studies n’en manquent pas pour dénoncer les demeurés, ignares et autres retardataires. L’humour y est donc sauf, mais au service d’un idéal encore plus pesant que celui auquel il faudrait renoncer puisque maintenant il est bi. Or tout le monde est bi, bien sûr, mais sans toutefois s’en faire un devoir ! Décidément je n’y comprends rien.

Notes
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