Du bon usage des maladies
Auteur : Charles Melman 28/05/2005
Miller n'a pas que des inconvénients. Son militantisme, actif aujourd'hui dans le champ de la psychanalyse, pose à ses praticiens des questions essentielles. Et leur façon d'y répondre illustre involontairement leur rapport intime à leur discipline.
Parmi ces questions on retiendra :
- Le type de relation qu'ils entretiennent avec le texte fondateur. Implique-t-il une obéissance ac cadaver, la paraphrase, la reprise en discussion ?
- la chefferie qui se réclame de ce texte le fait-elle au nom d'une filiation qui passe par l'enseignement ou par le sang ?
- la finalité du domaine est-elle de maîtriser sa population ?
- l'intérêt privé prime-t-il sur le collectif ?
Un sociologue s'amuserait de constater combien l'organisation des sociétés psychanalytiques peut être vulnérable aux trucs ordinaires destinés à assurer le pouvoir. Et, pis, que sa forme totalitaire est compatible avec un enseignement qui rompt pourtant le concept même de totalité.
Par la réponse qu'elle apporte à ces questions, l'organisation millérienne a toutes les caractéristiques des groupes fascistes de fait, en commençant par le culte amoureux du chef.
Comment est-elle tolérable ?
