Présentation

 
  • Imprimer
  • Envoyer

Clôture des « VI° journées Autour du Lien Social »

Auteur : Charles Melman 13/12/2011

Bibliographies Notes

                                                                      Le 30 Octobre 2011 en Martinique 

 

 

Victor Lina : Je passe la parole à Charles Melman qui va nous présenter des perspectives, sur un sujet qu’il va…déflorer (rires de la salle) tout de suite…(rires).

 

Charles Melman : Rassurez-vous, je vais seulement l’effleurer (rires), comme ça on restera dans la convivialité…

Il m’arrive souvent, ne serait-ce que pour le fun, de commencer comme ça un propos en m’adressant aux amis qui sont là en disant « mes chers camarades » évoquant par là le fait que dans le meilleur des cas nous sommes en train de naviguer ensemble sur le même bateau et de ramer dans le même sens, ce qui n’est pas toujours le cas bien sûr ! Il m’arrive aussi de dire « mes chers amis » ce qui est souvent dit par antiphrase, je veux dire compte-tenu des sentiments contre-transférentiels qui sont ordinaires et vis-à-vis desquels il ne faut aucunement s’insurger.

Il m’arrive aussi parfois de dire « mes chers enfants » et je me disais que ce serait bien difficile que je vous dise « mes chers enfants », la question se posant de savoir qui pourrait occuper cette place où il vous dirait « mes chers enfants ». Traditionnellement c’est le prêtre bien sûr qui semble légitimé. Nous sommes dimanche matin…bon ! Mais enfin la messe est finie à cette heure-là …« mes chers enfants !».

         En tout cas le dire, quand je le dis c’est par provocation, le dire amène forcément à s’interroger sur la place du psychanalyste. Quelle est la place d’où il parle ? C’est la question que me posait Alain-Pierre Louis : « Quelle est la place du psychanalyste ? ». Elle est à la fois aussi bien, évidente que dissimulée, elle est la place qui est à la fois la plus proche et la plus éloignée, c’est une place qui est subjectivement fort bien connue puisque  c’est celle qui fait que la relation au monde ou à l’environnement n’est jamais duelle mais passe toujours par cet intermédiaire avec lequel chacun d’entre nous dialogue… dialogue intime où il y a à la fois des adresses qui peuvent être plaintives, des injonctions qui lui viennent…

         Donc, il y a cette place lieu du dialogue intérieur, et qu’il y a lieu d’interroger. Celui qui dialogue ainsi,  est-ce qu’il sait avec qui il parle ? Quel est celui qui occupe cette place et qui est cependant tout à fait déterminant, non seulement dans ses modalités de pensée mais aussi d’action puisque c’est dans le dialogue avec celui-là que vont se décider ce qu’il va faire ou pas. Quel est celui-là ? c’est un peu l’opération miraculeuse - elle me paraît toujours miraculeuse - qu’opère le divan, c’est-à-dire lorsque quelqu’un vient s’allonger dans ce dispositif génialement trouvé par Freud, par son intuition dès lors que je cesse de m’adresser à mon semblable, ma parole se trouve effectivement adressée à ce tiers, avec la tâche évidemment de déterminer quel est-ce tiers, qui dans ma singularité commande ainsi mon destin, mon histoire, mon aventure. Et, si je suis amené à identifier ce tiers, serait-ce sous la forme de l’objet cause de mon désir et en tant qu’il est effectivement l’élément tiers impliqué dans mon rapport au monde, de savoir quel est à la fin de la cure, le mode de rapport que j’aurai avec lui.

         Ce que Freud appelait liquidation du transfert étant le fait de reconnaître que ce qui opère là pour moi comme tiers, n’est nullement la figure d’un Dieu absolu et universel, mais simplement ce qui pour moi, est venu s’inscrire dans mon histoire.  La possibilité d’une cure étant que je trouve vis-à-vis de lui, une position qui soit non plus de suggestion… On ne va pas dire d’esclavage, ce ne serait pas exact…une position de suggestion, une position d’obéissance, de soumission dans le jeu qui m’est imposé, puisque je ne choisis pas mon jeu, je suis pris dedans, je suis pris dans une pièce dont l’auteur m’échappe. Qui l’a écrite la pièce dans laquelle je suis un figurant, un acteur, une actrice, ce que l’on voudra ? Et donc reconnaître que le lieu d’où ça parle, où est venue se loger cette instance, ce lieu d’où ça parle et avec lequel je dialogue, est fondamentalement un lieu vide.

         Cette vacuité dont je me protège par l’injection d’un au-moins-Un qui va me servir de référent, ça c’est le problème du lieu d’où parle l’analyste : est-ce qu’il va parler depuis le Un, par exemple celui de ses maîtres, de leur savoir ? « Moi je suis lacanien » ! C’est indéniable ! Est-ce que je vous parle au nom du lacanisme, si ce mot a un sens ? Il n’en a aucun. Ce n’est pas une doctrine ni un système ! Donc ça n’a pas de sens, mais ça n’a pas d’importance ! Est-ce que je vous parle en lacanien ? Je me réfère au Un de mon maître ?

         Est-ce que dans un souci de libéralisme, je vais quitter le monothéisme pour dire « après tout, les autorités, elles sont plurielles ; il y a du bon à prendre chez chacun »…du bon ou du mal peu importe !  Il y a à prendre chez chacun, comme ça au moins on se soulage, on se soulage du Un tout seul. Il y a toutes les écoles, il y a tous les maîtres, il y a tous les référents. Ils ne disent absolument pas la même chose, parce qu’il y a cette troisième instance qui risque d’occuper la place, c’est celle du symptôme de chacun. Quand chacun parle, habituellement ce qui est son référent c’est  son symptôme,  c’est-à-dire sa  façon à lui de mal se débrouiller avec la jouissance. C’est ça le symptôme ! Symptôme dans lequel nous sommes tous, qui fait que nous nous débrouillons mal avec la jouissance! 

         La façon dont l’un se débrouille mal avec la jouissance peut faire école. Les diverses Écoles philosophiques sont après tout des écoles de modalités de jouissance. C’était tout à fait clair quand la philosophie avait un sens. C’étaient des Écoles, des façons d’organiser, de supporter la douleur, par exemple chez les Stoïciens… je ne vais pas développer! Chacun risque de parler avec son symptôme, de fasciner et de faire École, d’inviter à ce qu’on s’organise pour partager le même défaut, la même modalité de traiter un défaut qui est, ce que Jeanne évoquait tout à l’heure, qui est un défaut général. Il reste qu’il n’y a que des modalités de le traiter, donc les Écoles.

         Ceci en préambule pour vous amener à ouvrir l’oreille sur la place où chacun peut être amené à vous parler quand il est psychanalyste et pour repérer là ce qui l’anime. La place de Lacan était très claire ! Tout son abord de la topologie était pour témoigner que là où en dernier ressort nous attendons tout du verbe, d’un verbe, d’une parole…la bonne ! Il n’y a en dernier ressort que du dispositif topologique…ça je dois dire que c’est radical ! Il faut le supporter, ça ne va pas de soi ! Penser que nous  serions en dernier ressort les enfants, non pas d’un verbe bon ou mauvais, d’une langue bonne ou mauvaise, d’un patois ou d’un dialecte, de ce que l’on voudra. Non! Non! Non!  Nous sommes les enfants de dispositions topologiques, qui sont les produits de l’organisation d’une langue. Enfin ça se ramène à ça ! Il n’y a pas de traitement plus radical du transfert  que cette façon de procéder.

Je salue au passage, l’initiative de notre chère Jeanne Wiltord, qui m’a fait venir cette semaine parmi vous,  avec beaucoup de détermination et qui a su très bien en même temps inviter Marc Darmon. C’est vrai que je n’ai pas de pente naturelle vers ce mode de résolution du transfert, ce qui est un tort chez moi. Donc le souci d’inviter en même temps Marc Darmon pour mettre, si je puis dire, les points qui ne sont pas forcément noirs[1] sur les i.

J’avais averti Jean Bernabé que dans le propos que j’allais vous tenir je serais radical, que j’allais être tranchant. J’espère que ce n’est pas cet avertissement qui a fait qu’il n’est pas là, mais que c’est le repas dominical qui…

J.Wiltord : Il m’avait prévenue qu’il avait des contraintes et qu’il serait obligé de partir !

C. Melman : Mais je n’en doute pas un instant ! Nous sommes tous dans des contraintes !.. Pour aller très vite, j’annonçais tout à l’heure que je ferais un expresso bien serré. Je vais y aller !

La Martinique, c’est le produit d’un traumatisme. La population martiniquaise est l’enfant d’un traumatisme. C’est bien pour cela qu’il est difficile de dire « mes chers enfants ».  Je m’empresse de vous le dire, un traumatisme qui n’a rien d’exceptionnel ! L’histoire montre depuis qu’on a des documents d’archives, que le processus d’envahissement du territoire d’un autre, voisin ou pas, est un processus absolument constant. Il n’y a aucune raison pour que ça s’arrête. Ça continue d’une manière ou d’une autre, même quand aujourd’hui c’est sous la forme d’une domination non plus politique mais économique. C’est tellement plus économique la domination économique. On laisse le pouvoir politique en place et pendant ce temps-là, on tient toutes les ficelles. Aujourd’hui les ficelles de la France  sont tenues par des agences de notations. C’est admirable! Je trouve ça absolument épatant!

Le processus d’envahissement d’un territoire par un autre, ce processus abominable qui s’appelle la colonisation, c’est de l’un de ces processus que la population martiniquaise est l’enfant.

 Le problème du traumatisme est rencontré dès le départ par Freud dans son expérience, à propos de ses patientes. Et il a longtemps tenu que le traumatisme était la cause de leurs névroses. Le problème c’est qu’il y de vrais traumatismes comme celui du colonialisme. Une névrose traumatique, c’est très difficile pour celui qui la vit. Pourquoi? Parce qu’il est très difficile de s’en sortir.

Il y a comme l’évoquait Jeanne, ce que l’on appelle de façon étrange, le devoir de mémoire. Est-ce que c’est la bonne façon ? On commémore quoi ? On se débarrasse de quoi ? On devient effectivement l’enfant de cette douleur-là, attaché à cette douleur. Le devoir de mémoire devient l’entretien de cette douleur. On devient le sujet non plus d’un désir mais un individu dont la jouissance est attachée à cette douleur. Ça c’est abominable! C’est le pire effet du colonialisme. Ça c’est abominable ! Se sortir de ça? Tous ceux qui ont dans leur pratique à traiter ce problème, celui des névroses traumatiques, savent que c’est extrêmement difficile! Mais le savoir c’est déjà quelque chose !

 

         Le deuxième point… alors là je vais être encore plus insupportable! Ce traumatisme est venu s’inscrire dans le rapport à la diglossie instituée dans l’île. Dans la mesure où ce clivage entre français et créole est venu pérenniser la présence constante du maître et de l’esclave, avec entre eux un mode de rapport aussi bien conflictuel qu’amoureux, fait à la fois de fidélité, de  traîtrise, de malaise et qui ne fait qu’entériner le traumatisme.

         Il y  a une assertion à laquelle pour ma part je me tiens, bien que j’aie des progrès à faire, et en particulier dans l’étude de la langue créole, mais qui est la reprise de thèses établies par des linguistes qui ne sont pas martiniquais, qui sont réunionnais et qui font du créole ce qu’à mon sens il est, un dialecte du français ! C’est du français dialectal! Le français est lui-même un dialecte, un dialecte du latin. De même il y a des créoles qui sont des dialectes de l’espagnol, du portugais, du hollandais, de l’anglais… le créole mauricien par exemple, viendra y mêler des mots de la langue indienne.

Pourquoi est-ce un dialecte ? Dans la mesure où la langue africaine n’était pas entretenue, du fait de la mixité des peuples qui étaient importés, les peuples qui étaient là, n’avaient d’autres ressources que de s’inspirer de la langue qu’ils pouvaient entendre du maître et qui leur était adressée pour venir constituer à partir de ce qui s’organisait de cette langue, leur propre dialecte.  C’est ce dont témoigne le fait que le créole antillais a un vocabulaire qui est en très grande majorité français, avec une syntaxe dont la richesse et l’originalité, mériteraient que la grammatologie soit reprise. Je ne sais pas si ça a été fait…

 

J. WiltordJean Bernabé a fait sa thèse sur la grammaire des créoles guadeloupéen et martiniquais. Elle a été publiée sous le titre « Fondal natal ». Elle est publiée, il y a de quoi travailler même pour la critiquer.

 

C. Melman :   Alors, j’en prendrai connaissance, bien sûr. Vous voyez les limites de ce que j’ai pu consulter là-dessus.

 La grammaire, ce n’est pas une donnée naturelle. Il n’y a pas de grammaire universelle. La grammaire du français est une grammaire latine. C’est une grammaire qui appartient au  discours du maître.  Il y a le sujet, le verbe,  le complément. La grammaire postule l’existence du maître qui, par le verbe, va transformer ou saisir son environnement. Jamais les grammaires ne sont naïves ni innocentes. Il n’y a pas de malin génie pour venir forger une grammaire. Mais il y a un discours. Une grammaire est représentative d’un discours.

         La grammaire du créole, le peu que j’en connaisse, c’est par exemple son indistinction du nombre. Le nombre implique la référence au comptage. Dans le comptage, il faut qu’il y ait un au-moins-Un. Là-dessus, il faut suivre Frege, il faut qu’il y ait un zéro initial qui puisse se compter comme un. Mais lorsqu’une population est en difficulté pour venir se réclamer d’un zéro initial pour l’organisation de sa communauté, on voit bien comment le comptage vient faire problème.

         Et aussi, le genre ! Le genre suppose que la langue sait séparer l’Un et l’Autre. Ce n’est pas le propre de toute langue, en particulier d’une langue où il y a aura une collusion des mêmes, avec la difficulté de supporter aussi bien la ressemblance que la différence. Ne supporter  ni la ressemblance ni la différence, ça ne rend pas évident le lien social c’est clair! Tout devient insupportable ! Dès lors le lien est marqué par la rupture tellement facile, tellement spontanée. L’usurpation ou la mise en cause ! L’usurpation par la rencontre du même ou la mise en cause de son identité par la présence de l’autre, du dissemblable !

Et comme je l’évoquais il y a quelques instants, la place du verbe dans la grammaire du créole…la référence au premier moteur immobile, pour parler comme Aristote, celui à partir duquel peuvent se déterminer les diverses actions. Quand ce premier moteur semble manquer, faire défaut dans une communauté, on voit bien le problème de l’action,  de l’entreprise d’une action, de l’initiative,  on voit bien comment tout ceci devient difficile.

         Sauf à accepter, ce que refuse aussi bien le colonisateur qu’une part de ceux qui furent colonisés, qu’entre le français et le créole il n’y a pas une rupture, ils ne sont pas l’un et l’autre d’un côté différent de la même cloison. Ils sont en continuité, comme sur une bande de Moebius. Ce qui vient valider mon propos, c’est qu’il y a eu d’éminents Martiniquais pour le soutenir. Serait-ce d’ailleurs, en ne manquant pas de s’attirer les foudres de leurs concitoyens. Bien évidemment Césaire ! Césaire, ça a été son travail de montrer que le créole était dans la continuité de la langue française, au point d’avoir le souci d’injecter comme il se doit dans la langue française, aussi bien lexique que grammaire créoles, parce que historiquement ce n’est pas un coup de force, mais parce que linguistiquement c’est comme ça ! C’est comme ça, mais c’est refusé de part et d’autre. De la part du colonisateur qui refuse de voir là ses propres enfants, d’être capable de dire « mes chers enfants », même s’il est par ailleurs financier, subventionneur,  généreux peu importe ! Et aussi de la part de celui qui est l’héritier de cette situation impossible, et qui peut bien entendu chercher à affirmer sa propre spécificité, sa propre identité,  sa propre fierté de ne pas avoir honte. Du même coup on peut parfaitement comprendre que Césaire aussi bien que Fanon et que  les auteurs de l’éloge  de la créolité[2]… Comment faire entendre qu’ils appartiennent à la même famille, que ce sont les enfants de la même situation ? Que c’est le même problème, la même douleur. Il y a une vérité linguistique.

         La solution, ça n’a jamais été dit mais je dois la dire, elle ne se situera pas dans l’écrit ni dans le verbe qui sont également insupportables. Je voulais commencer mon propos en disant…j’aurais dû le faire…ça aurait simplifié les choses, que si quelqu’un, dans notre petit auditoire trouvait ce que je raconte  insupportable, je comprendrais parfaitement qu’il se lève et  qu’il claque la porte…

J. WiltordMais il peut y  avoir des contraintes !

C. Melman :  Oui ! Il y a des contraintes…mais oui, les petites-filles ça existe[3] !.. Et donc je ne lui en voudrais absolument pas ! Vraiment ce n’est pas mon problème! On m’a demandé de venir, je dis ce que je peux dire, je crois que je le dois ! Maintenant, on en fait strictement ce que l’on veut !

         La solution, elle ne sera ni dans la harangue…c’est un joli mot «  harangue »,  vous voyez, c’est la beauté du français. Il y a aussi les beautés du créole que je ne saurais pas étaler devant vous. C’est beau la harangue, parce que ça évoque l’harengère, celle qui vend les harengs. Mais oui, c’est très bon ! C’est très bien ! La solution ne sera pas dans le hareng ! La solution sera dans la topologie !

            Voilà comment ça se détermine. On a dit un temps « J’habite une langue ». Ce n’est pas vrai !  On n’habite pas une langue ! On est habité par elle. Ce n’est pas du tout la même chose ! Et on est habité par elle de telle sorte qu’on y trouve son habitat ou pas ! Il y a des langues qui vous expulsent, qui ne veulent pas de vous, qui vous disent « Hé ! Toi, ôte-toi de là !  Qu’est-ce que tu viens faire ici, parasite ! Point noir ! Hein ! »

         Jeanne nous a fait un très bel exposé sur les questions de la nomination ! Mais, elle n’a pas évoqué le problème de la nomination aux Etats-unis ! C’est intéressant, parce que là, on ne vous impose pas un nom ! On vous demande quand vous arrivez et que vous portez le nom tordu d’une origine…on ne sait même pas où est le coin d’où vous venez. L'éminent fonctionnaire de l’état civil qui vous reçoit ne sait même pas de quel pays vous venez, avec ce nom complètement tordu, qui est un nom très noble et très riche dans votre population. Il vous demande : « Tu veux t’appeler comment ? « Green » ou « Brown » ?  Personne ne dira que c’est du colonialisme ! On dira que c’est la générosité de la nation américaine, qui va d’emblée reconnaître comme ses enfants, des gens venus de partout. C’est sa force ! Ça implique de renoncer à tout ce que l’on sait, c’est-à-dire de renoncer à une  histoire, une famille, une filiation. Ça ne s’appelle pas colonialisme ! ça s’appelle ouverture, liberté d’esprit ! J’ai eu sur mon divan des enfants de ce processus, des enfants qui venaient en Europe à la recherche, du bled, du coin, dont leur  famille pouvait être issue.

Ceci donc pour souhaiter parmi les utopies, le travail qui viendrait réintégrer le parcours fait par ces personnes aussi éminentes et courageuses les unes que les autres, quoique bien entendu inégales,  tels que Césaire, Fanon, les créolistes et ensuite Glissant.

 Grâce à Jeanne, nous avons entendu Edouard Glissant dans notre groupe, qui a bien voulu nous parler. Je suis intervenu de telle sorte qu’à la fin de son propos, il a regardé Jeanne et il lui a dit  « mais est-ce que ce n’est pas l’heure d’aller déjeuner ? ».

Ce n’est pas gênant tout ça ! Ce qui me paraît plus amusant et plus intéressant, ce serait ce travail à venir qui montrerait comment tout ceci vient s’inscrire dans un même effort, dans une même douleur, dans une même passion, que ce sont les diverses modalités, les diverses tentatives de traitement de cette affaire et qu’elles sont toutes respectables.

         Mais, si l’on veut accorder quelque intérêt à ce que cogitent les psychanalystes, il se trouve qu’à partir de leur démarche, et  de l’enseignement de Lacan… Il a particulièrement veillé à ne pas laisser une œuvre, à ne pas laisser un système, une doctrine, mais par ses références à la topologie il a veillé à opérer la plus radicale des solutions sur ce qui est inévitable chez chacun d’entre nous, le transfert, et à témoigner que la solution est dans le traitement fait par les psychanalystes du rapport de chacun au langage, et que ce rapport  est construit, décidé non pas par la volonté, le talent, le génie de tel ou tel, mais par la topologie.

         Pour qu’il y ait du lien social, il faut qu’il y ait un discours. C’est une assertion dont on ne prend pas toute la mesure. Avec Lacan, il faut qu’il y ait du discours, c’est-à-dire ce dispositif qui s’appuie sur la langue pour qu’il y ait de l’un et de l’Autre, que la langue reconnaisse l’Un et l’Autre, pas l’un et l’esclave, le maître absolu et l’esclave absolu, mais l’Un et l’Autre, que l’Autre est un enfant de la langue et un produit de la langue. C’est même un lieu privilégié celui de l’Autre, non seulement parce que c’est le lieu du savoir – Hegel disait déjà que le savoir était chez l’esclave et que le maître passait son temps à le lui voler. C’est ce que répétait  Lacan ! L’Autre c’est aussi le lieu de la jouissance. Il faut qu’il y ait  du discours pour qu’il y ait lien social et non pas constamment querelle, rupture, dissociation, rassemblement, hésitation, association, communion, tout ce que l’on voudra. Il faut qu’il y ait du discours !

Nous sommes évidemment pour les raisons politiques, historiques et scientifiques que nous savons, en ce fait qu’ici, sur cette île, il  n’y a pas de discours qui fasse lien social. Le lien social est sans cesse en question. Y compris, ce que vous évoquiez si bien, la façon de faire semblant,  faire semblant de lien social.

          Il s’agit bien de rétablir non par une volonté arbitraire, une décision arbitraire, la continuité entre le créole et le français, c’est-à-dire, la possibilité de restituer un lien social. Ben ! Oui ! Je suis désolé ! Dans les Antilles françaises, que le colonisateur l’ait voulu ou pas, que les colonisés l’aient voulu ou pas, les uns et les autres appartiennent à la même communauté parce que linguistiquement c’est comme ça. C’est désolant hein ! Mais c’est comme ça!

         C’est la seule façon de rendre possible ce qu’il en serait d’un lien social, enfin détaché du traumatisme, c’est-à-dire, un mode de traitement du traumatisme.

 

J. WiltordJe remercie Charles Melman ! Sur la diglossie français-créole qui pérennise le clivage…je voudrais dire que j’ai été sollicitée par le Président de l’Association « Tous créoles » à faire partie des « personnalités » qui doivent travailler à la nouvelle définition du mot « créole ». Ce que j’ai entendu dans  ce « Tous créoles », c’est que ceux qui ne sont pas créoles sont à l’extérieur ! C’est le même clivage colonial qui n’est absolument pas remis en question dans ce projet… Charles Melman, pouvez -vous nous préciser ce que c’est qu’un dialecte?

 

C. Melman : Un dialecte est une langue parlée par une population qui est politiquement soumise à un  pouvoir dont  le langage officiel est autre. Ce dialecte, peut être le sous produit de la langue du maître politique, comme par exemple le français est un dialecte du latin, comme l’ensemble des langues romanes qui sont des dialectes du latin. C’était la langue parlée par une région de cette zone géographique qui s’appelle la France, et qui, pour des raisons politiques très précises et en particulier du rapport avec le pape, a été élevée au rang de langue nationale.

         L’étymologie du dialecte est très précise, c’est ce qui se parle entre soi. Il y a une situation qui est très intéressante et qui a des conséquences politiques importantes, celle de l’opposition dans les pays arabes, entre l’arabe dialectal et l’arabe classique. La différence est qu’ils se référent l’un et l’autre à la même autorité ancestrale, en l’occurrence à l’auteur du Coran. Mais les uns sont en position de maître parce qu’ils parlent la langue des maîtres, la langue sacrée à laquelle on ne peut pas toucher. Ça ne se discute pas, ça ne s’analyse pas ! Et puis, il y a l’arabe dialectal, ce qui permet au peuple de parler entre soi.

J. Wiltord : Cette langue s’appelle « darija » au Maroc ; ça vient de « dar », la maison. C’est la langue qu’on parle à la maison !

C. Melman : C’est la langue du lieu de naissance, c’est un créole !

J. Wiltord : Oui ! C’est un créole !

C. Melman : Oui ! C’est la langue de la maison et ça a des conséquences politiques éminentes et culturelles.

J’ai un ami que vous connaissez, un analyste d’origine égyptienne[4] qui a publié en arabe dialectal aussi bien La Science des Rêves que des pièces de Shakespeare. Il s’est dit qu’il n’y a aucune raison que l’arabe dialectal, la langue que nous parlons dans le peuple, ne soit pas la langue que l’on élève à la dignité de langue de communication. Quelles sont les ventes qu’il a faites de Hamlet traduit en arabe dialectal ? Zéro il n’a pas vendu un exemplaire…c’est quand même épatant !

J. Wiltord : La tragédie du Roi Christophe De Césaire a été récemment traduite en créole …

C. Melman : La diglossie n’a rien d’exceptionnel. Les moyens de communication moderne, c’est à dire la radio et la télévision, sont des traitements de la diglossie et j’imagine que la langue créole aura à subir ou subit déjà les effets de ces grands moyens de communication…

J. Wiltord : J. Bernabé nous disait que la langue créole parlée était de plus en plus francisée , alors que dans le même temps à l’université ils défendent bec et ongles la position de « l’écart maximal » de la langue créole par rapport à la langue française. Ils sont là en désaccord avec les créolistes de la Réunion et d’Aix-en-Provence…

C. Melman : …il y a le travail de Chaudenson (Professeur à l’université d’Aix-en-Provence), je ne sais pas si vous le connaissez…

J. Wiltord : Oui, un de ses ouvrages, « Des îles, des hommes, des langues ». Il y a aussi Lambert-Félix Prudent, linguiste, parti de la Martinique pour la Réunion il y a quelques années, dans une rupture avec les créolistes du GEREC de l’époque.

(Intervention inaudible de la salle)

J. Wiltord : … c’est difficile de séparer la position de Bernabé de celle de Confiant à propos du créole. Selon moi, ils soutiennent tous les deux la position de « l’écart maximal » ; il ne faudrait pas en quelque sorte qu’une trace de la langue française soit repérable, d’où leur choix de l’écriture du créole.

C. Melman : S’il faut débarrasser le créole de tous les mots français, reconnaissez qu’il n’en restera pas beaucoup ! Ces mots qui resteraient il faudra voir à quelle langue, à quel colonisateur  ils appartiennent.

J. Wiltord : Avant de passer aux questions de la salle, je voulais dire que je n’aurais pas pu avoir la détermination que j’ai eue, si Marie-Nadiège Yerro n’avait pas été elle même animée d’une détermination à faire venir Melman et Darmon… Cela s’inscrit dans de longues années de travail.

            Il me semble que nous avions évoqué à un précédent séminaire cette position des langues créole et française, non pas sur une bande biface, mais sur une bande unilatère, une bande de Moebius… Mais nous ne l’avons pas travaillé.

A. Pierre-Louis : Une question directe à Charles Melman : qu’est-ce qu’un discours ?

C. Melman : Un discours est un produit de la langue qui permet de singulariser les différentes positions que peuvent prendre un locuteur et celui auquel il s’adresse. Du même coup, non seulement leurs positions sont singularisées, ce qui est le plus évident, mais aussi le fait que ces positions sont en nombre limité. Elles ne sont pas quelconques, ni livrées au caprice mais strictement codifiées, avec comme effet qui n’apparaît pas, ce qui chute dans la relation, l’objet de jouissance qui tombe, qui choit entre eux et qui du même coup les réunit. La dernière place du discours étant une place qui risquera de paraître très énigmatique et très audacieuse, que Lacan appelle la place de la vérité.

Il y aura une distinction très importante à faire : dans ce qui se passe entre locuteurs et allocutaire, l’un et l’autre se trouvent dans une position de semblant. De semblant. La distinction entre cette position physiologique de semblant, (semblant de maître, semblant de serviteur, semblant d’homme, semblant de femme ) et celle de faux-semblant et leur distinction de la vérité, sont des distinctions assez intéressantes à mettre en œuvre pour s’y retrouver.  Quand est-ce que je suis dans le semblant ? Quand est-ce que je suis dans le faux-semblant, dans la pure apparence ?... que je fais « comme si », que je réponds à ce qui est attendu ; je me soumets au regard hypothétique que j’ai mis à la place de ce fameux 0 dont je parlais tout à l’heure. Il y a un regard là, il faut que je sois conforme.

Donc un discours tel que Lacan le singularise – car c’est lui qui a introduit cette question des quatre discours possibles, dont l’un est le discours psychanalytique… Là aussi, je dois dire que quand j’ai écouté tout ça, à l’époque où il faisait son séminaire, j’étais complètement ...C’était assez difficile à accepter que la faculté de l’analyse soit elle même liée à un discours…L’analyse faisant partie de ce qui peut faire lien social.

J’espère Alain vous avoir donné succinctement une ébauche de réponse.

J. Wiltord : Je voudrais aussi indiquer à Alain que ce serait pas mal de proposer comme travail la lecture du séminaire de Lacan « L’Envers de la psychanalyse » au cours duquel il a proposé l’écriture des discours.

C. Melman : J’ai promis à mes amis belges… Les Belges ont avec la langue française des problèmes très compliqués parce qu’ils ne sont pas abordés. Ils parlent une langue qui ne les admet pas dans leur identité singulière. Qu’est-ce que ça veut dire que vous êtes Belges et  que vous parlez français ? En quoi pouvez-vous être belge à partir d’une langue qui doit faire de vous un français ? Et d’autre part tous les belgicismes seront dénoncés comme étant de bonnes histoires, des grossièretés etc… Mais ce sont des belgicismes.

Je dois faire avec eux un laïus sur une langue sans signifiant-maître. Est-ce qu’il y a des langues qui n’ont pas de signifiant-maître ? À mon sens, comme les langues africaines, les langues qui n’ont pas d’écriture…Il faudrait voir le rapport entre l’écriture d’une langue et  l’existence d’un signifiant-maître dans cette langue.

Je serais amené provisoirement à dire que dans le créole, avant que les créolistes ne veuillent en  établir une grammaire et une orthographe, autrement dit ce qui serait un créole qu’on dirait correct, c’est à dire de faire une opération… Je voulais le dire à Bernabé  mais il a eu raison d’avoir des contraintes. Qu’est-ce que c’est que cette opération qui vous permet de dire qu’il y a une langue qui est la langue correcte ? La langue correcte c’est la langue que vous parlez. Eh ben non, vous la parlez mais vous êtes sous  le contrôle de ce qui serait la langue indicatrice qui nous conduirait sans faille et sans difficulté. Alors nous inventons une langue idéale, la langue correcte. Chacun de nous en parlant se verra sensible au risque de commettre « un cuir »…

A.Pierre-Louis : « un kao ». Ici on dit « un kao ».

C. Melman : Ça aussi c’est très poétique. Chez nous on dit « un cuir »… Quelqu’un d’entre vous peut-il m’informer de ce qu’est une « voix de rogomme » ? Qui c’est « rogomme » ? Dans le vocabulaire français, on dit de quelqu’un qui a une voix de stentor, un peu solennelle, qu’il a une « voix de rogomme »… pas une voix aimable. Vous savez qui est monsieur Rogomme ?... Évidemment on entend « rogue » mais je ne pense pas que ce soit l’étymologie. Je chercherai, cherchez vous aussi qui est Mr Rogomme ou quel est le peuple qui avait une voix… On se sert d’une langue dans laquelle on est tout à fait à l’aise…on ne sait même pas ce que l’on dit… ça fonctionne très bien… Lacan faisait remarquer que l’on dit « à tire-larigot », « boire à tire-larigot ». C’est quoi ? C’est pas à « tire-marigot », c’est à « tire-larigot »…

J.Wiltord : Il y a un Mr Larigot ?

M-B Emmanuel : (de la salle peu audible) Il y a quand même … il y a un dictionnaire de la langue française, des livres de grammaire comme le Bled…

C. Melman : Vous savez ce que vous trouvez à « tire-larigot » ? Une cloche particulièrement lourde dont le fondeur aurait été un Mr Larigot. Mais c’est une plaisanterie, comme de très nombreuses étymologies qui sont fantaisistes. Comme je suis parfois désagréable, j’ai inventé une madame  Larigot, une dame qui était particulièrement intéressée, elle s’appelait Mme Rigot et on disait « La Rigot ». C’est pas sérieux ?!...

M-B Emmanuel : Dans sa thèse « Fondal-Natal », J. Bernabé étudie la syntaxe, le lexique… Il y a une grammaire française, pourquoi pas une grammaire créole ?

C. Melman : Alors là, il faudrait entrer dans une autre affaire c’est la différence qu’il y a entre l’apprentissage d’une langue et l’acquisition d’une langue. L’acquisition d’une langue n’a rien à voir avec l’apprentissage d’une langue. C’est aussi l’un des problèmes de cette île, c’est que la langue acquise à la maison ne sera pas la même que la langue apprise à l’école. Ça c’est un grave problème… Quand vous faites la grammaire d’une langue, vous établissez du même coup ce qu’il en est non pas du savoir de la langue - parce que vous l’avez acquise cette langue et vous en avez le savoir –mais la connaissance de cette langue. C’est une distinction majeure, celle entre le savoir et la connaissance, que j’essaie d’enseigner aux élèves de l’École pratique des hautes études en psychopathologie (EPhEP). Lorsque savoir et connaissance ne se font pas dans la même langue, il y a des problèmes.

 

Catherine Bescond : La réitération de ce problème peut faire penser à la réitération du traumatisme dont on parlait tout à l’heure. Je suis enseignante et je m’occupe d’élèves en très grande difficulté ; ils sont autistes . Comment ne pas l’être quand vous naissez dans une famille où tout un chacun parle une langue qui est le créole et qu’à 2-3 ans, vous êtes arraché à cette famille – puisque l’école ne fait plus fonction de maternante- vous arrivez dans une école où on parle une langue inconnue où on vous somme de faire des choses dans cette langue inconnue ; tout le monde, pas mal de copains, autour de vous semble comprendre puisqu’ils peuvent répondre aux ordres qui sont donnés par la maîtresse et vous, non. Et pour mesurer tout cela, nous avons des tests avec un étalonnage franco-français qui déduit que les Antillais, les Guadeloupéens notamment, appartiennent en plus grand nombre à des illettrés…

J. Wiltord : Ça ne veut pas dire autiste…

C. Bescond : Non, je fais un pont qui me semble très important. Je pense que tout un chacun peut se demander s’il ne le serait pas devenu à un moment donné…

J. Wiltord : Vous avez lu « La rue Case-nègres » ? Il faut lire ce livre. Il y a des générations d’Antillais qui enfants, travaillaient dans les champs de canne à sucre où ils parlaient créole, qui parlaient créole dans leurs familles et qui sont allés à l’école où la seule langue admise était le français. Cela pose des problèmes, des problèmes importants, mais c’est un raccourci un peu rapide de parler d’autisme comme conséquence d’une telle situation. Ça pose des problèmes que la langue parlée à la maison soit une langue interdite à l’école. C’est ce dont Charles Melman parlait en soulignant que du côté des colonisateurs, la continuité möbienne entre ces deux langues n’avait pas été soutenue.

Marie-Nadiège Yerro : Nous voici arrivés au terme de nos VIèmes rencontres autour du lien social. Nous remercions très vivement les participants qui grâce à leur questions ont permis de relancer celles mises au travail par nos intervenants. Nous remercions les intervenants qui ont su nous faire  entendre  des aspects  de notre clinique  et nous faire mesurer à quel point la tâche reste passionnante  en dépit des difficultés rencontrées du fait de la complexité de notre champ culturel.

Je retiens de nos échanges, la discussion concernant la prise en compte de la psychanalyse dans notre champ culturel. Il y a là  une invention à apporter à notre société qui va mal. Les informations récentes nous indiquent  que de manière récurrente la violence du faire supplante la possibilité de dire. Comment la psychanalyse peut-elle s’inscrire et dans cette réalité ? Et dans quel type de discours ? Nous vous proposons de continuer ce travail qui soutient la réflexion clinique de ceux qui sont ici et qui sont sans cesse confrontés dans leurs réalités professionnelles à ces questions . Mais peut-être nous faut-il y aller pour en extirper une connaissance qui opère!... (Audace du nouage topologique articulé à notre champ culturel  ? ) 

                  Je ne terminerai pas sans adresser un grand merci à M. Charles MELMAN qui nous fait un très grand honneur d’être présent avec nous en ce moment sur cette petite île…parce que nous lui apprenons beaucoup. Son ouvrage, « Quelques problèmes posés à la psychanalyse », nous indique quelques pistes de travail sur la Nouvelle Economie Psychique (NEP) élaborée à partir de la rencontre avec des cultures non occidentales, comme peut être la nôtre.

Merci à Marc DARMON qui en topologue, nous encourage dans l’approche du nœud borroméen. Son ouvrage "Essai sur la topologie lacanienne" en est un témoignage.

Merci à Jeanne WILTORD, membre fondatrice de notre école, qui  soutient depuis tant d’années ce travail à la Martinique. Le petit recueil présentant l’ouvrage « une journée avec E. Glissant »  est intéressant  à deux titres parce qu’on y trouve cette volonté de transmission de la psychanalyse ainsi que ce que nous en dit Glissant à ce moment-là. C’est me semble t-il un apport clinique à prendre en compte. 

Merci au Pr Jean BERNABE qui chemine à nos côtés depuis de très nombreuses années. Depuis 1988-1989 au cours des séminaires avec Charles Melman organisés par le GAREFP, ses interventions ont été très importantes  pour notre travail. Cette année encore il a pu insérer dans un emploi du temps chargé, une disponibilité pour nous faire un exposé  à la faculté de lettres.

Notes

[1] C. Melman reprend les signifiants de l’intervention d’une participante qui avait fait allusion aux « points noirs » de son propre visage.

[2] J. Bernabé, P. Chamoiseau, R. Confiant.

[3] C. Melman fait là allusion au départ d’une participante quand il a parlé de la langue créole comme dialecte de la langue française.

[4] Il s’agit de Mustafa Safouan qui a présidé la séance d’ouverture du séminaire sur l’Identification, que l’ALI (alors AFI) a organisé en 1996 à Fort-de-France.

Bibliographie