Une nouvelle thérapie transcendantale : la FPDR
Auteur : Bob Nerton 13/07/2010
Du nouveau dans le champ des psychothérapies scientifiques (*). Déjà, l'EMDR (Eye Movement Desensitisation and Reprocessing) rencontre un engouement chez les professionnels soucieux de méthodes simples et "pas prise de tête" et sera l'objet d'un séminaire universitaire [1] réunissant à l'université de Metz les plus hautes sommités françaises et européennes de l'EMDR, en présence de praticiens certifiés, de professeurs de psychologie distingués, d'éminents patrons de psychiatrie et même de psychanalystes, tant les "prodigieuses victoires" de l'EMDR, pour parodier le regretté Pierre Daco, forcent la curiosité et tant la capacité intégrative sans limite laisse pantois, si l'on en croît le titre d'une des interventions : "l'EMDR : une approche intégrative, associant approches traditionnelles et neurosciences, qui se combine efficacement avec la psychanalyse, les TTC, l'hypnose, la Gestalt-thérapie, l'analyse transactionnelle, la thérapie centrée sur la personne…" Et pas la thérapie familiale ? Si, nous dira l'intervenant suivant. Bref, l'EMDR alors (comme aurait dit le père UBU, praticien dans le désordre, et spécialiste de la corne à phynances), l'EMDR a son avenir devant elle, à condition que, comme le disait l'autre regretté Pierre Dac (cousin éloigné du précédent), elle ne se retourne pas, sinon elle l'aura dans le dos. Mais, justement, voici que déjà la talonne une nouvelle psychothérapie, encore plus transcendantale et pas moins intégrative, la FPDR (Foot Palpation Desensitisation and Reprocessing), inventée, et brevetée, par le professeur Fourtoes de l'université du Massachossets et dont l'ouvrage Find your feet, "Volez de vos propres ailes" (littéralement : "Trouvez vos pieds") devrait être traduit prochainement en français (Il sera fourni dans le pack promotionnel : licence + DVD + stage de 150h permettant d'obtenir le premier degré de certification). La méthode consiste en un programme de palpation de la plante des pieds, protocole standard et techniques complémentaires variables, selon les troubles traités (stress post-traumatiques, états anxieux, troubles dépressifs, troubles de la conduite alimentaire… Quant à la schizophrénie, la FPDR n'est pas encore suffisamment documentée et elle semble contre indiquée avec les maniaques qui prennent les choses à la rigolade et les paranoïaques qu'il vaut mieux ne pas chatouiller).
Comme l'EMDR, la FPDR est "une thérapie à l'interface des sciences médicales, cognitives et psychologiques", comme l'EMDR, elle est particulièrement efficace dans les états de stress post-traumatique, comme l'EMDR, "on ne sait pas comment ça marche mais ça marche" (énoncé central dans la transmission, répété comme un schibboleth par les formateurs et les formés) et on peut la mettre en parallèle avec "la découverte de la pénicilline par Alexander Fleming. Dans les deux cas, on s'est évertué (pour la pénicilline) et on s'évertue (pour l'EMDR) à utiliser les résultats de recherches dus au hasard sans véritablement comprendre les mécanismes qui les déterminent." Comme le disait encore le regretté Pierre Dac : "on ne sait pas où on va mais on y va tout raide !" (Devise qui est aussi celle du héros d'Ian Fleming, cousin éloigné d'Alexander). Encore est-on beaucoup plus avancé avec la FPDR quant aux hypothèses neuro-cognitivo-psycho-socio-dadaïques qui expliquent ses résultats spectaculaires. Il suffit de remarquer, au niveau du cortex cérébral, la proportion démesurée du pied dans le schéma corporel neurologique. Lacan lui-même (la FPDR intègre aussi la psychanalyse lacanienne) n'avait-il pas affirmé, sans peut-être en mesurer toute la portée, que l'homme pense avec ses pieds ? Car l'homme est d'abord un bipède, c'est-à-dire qu'il repose sur ses deux jambes, lesquelles sont terminées aux extrémités par deux pieds dont dépend toute la stabilité de sa stature et la dynamique de ses déplacements (j'épargne ici au lecteur profane la démonstration physiologico-mathématique précise). Tant la médecine chinoise que l'homéopathie moderne en ont empiriquement tiré parti. D'ailleurs certaine marque de chaussure française, au confort diabolique, ne s'y est pas trompée en proposant des chaussures à semelles concaves telles que le déroulé du pied entraine une sollicitation sinusoïdale spécifique de la plante qui stimule les zones corticales correspondantes et les reprogramme (sans préjuger d'un massage profond de l'hypothalamus). Faut-il aussi rappeler, au risque de réveiller une douleur encore vive chez beaucoup de lecteurs, les récents déboires de l'équipe de France de football dont la prestation démontre irréfutablement que quand le pied ne va pas, rien ne va plus ? Terminons plutôt sur une note gaie en évoquant l'hypothèse autour de laquelle je dirige actuellement, depuis mon laboratoire situé au pied de la tour Montparnasse, les travaux de mes élèves : hypothèse selon laquelle la stimulation de la plante des pieds sur un algorithme, dont on me permettra de ne pas révéler ici la formule, agirait directement sur les zones cérébrales où est tapi le ça freudien en provoquant le syndrome dit des doigts de pieds en éventail. Syndrome, comme on le sait, de plus en plus fréquent chez nos jeunes, alors qu'inhibé dans l'infanterie de nos grands parents. Il y a là un potentiel heuristique considérable pour des recherches transhistoriques et intergénérationnelles. Disons le tout net : La FPDR est une anthropodologie. Ce sera d'ailleurs le thème d'un séminaire européen organisé à Tarascon en 2012, sous la présidence de Jean Tardieu. C'est une page d'histoire qui se tourne.
A Piédoeuvre, le 3 juillet 2010
Notes
(*) : Le Dr. Bob Nerton est Psychanalyste, certifié FPDR
[1] Deuxième séminaire universitaire de recherche : les contours de l'intégration dans la psychothérapie EMDR. Université Paul Verlaine, Metz, novembre 2010. Les citations en italiques sont extraites de la plaquette de présentation.
