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Psycha et psycho dans un bateau

Auteur : Charles Melman 08/04/2011

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Psycha et psycho dans un bateau

Il semble que la protection du titre de psychothérapeute voté par le Parlement suscite chez des amis des interrogations qu'il paraît utile d'éclairer.

1 Deux phrases d'histoire. La protection du titre avait été demandée sous le gouvernement Jospin par les « Fédérations de psychothérapeutes », ramassis d'illusionnistes en tous genres mais assez malins pour être tout près d'obtenir l'exclusivité de la formation et du diplôme des dits « spécialistes ». Et il va de soi que la psychanalyse comme en Italie, aurait eu à se faire mouliner par leurs boîtes pour être d'exercice légal.

2 Un de nos collègues a éclairé in extremis le ministre de la Justice d'alors, Madame Guigou, pour qu'elle jette à la poubelle l'amendement à la loi de Santé publique déposée en ce sens par le député vert du Maine et Loire, Monsieur Marchand...

3 La pression des « Fédépsy » s'est poursuivie et est allée croissant sur la législature suivante, de sorte qu'un député, Bernard Accoyer, alerté par le caractère sectaire de l'affaire, a déposé un amendement demandant le passage par une formation de base pour ceux qui voudraient s'autoriser de ce titre.

4 Cette mesure de salubrité publique serait passée sans histoires si un dénommé Miller n'avait cru y trouver l'occasion de se porter à la tête de troupes d'analphabètes –les Fédopsy –afin de paraître l'interlocuteur obligé du gouvernement et le responsable du milieu psy en France.

5 Il serait à la fois cocasse et douloureux de raconter les faiblesses du fonctionnement de la démocratie face aux manœuvres en tous genres qui, au nom de la « liberté » bien sûr, ont perverti le débat.

6 En dépit d'attaques visant aussi bien sa carrière que sa personne, Monsieur Accoyer a tenu bon.

L'amendement avait prévu que les psychanalystes identifiables par leur appartenance à une association seraient de droit inscriptibles, s'ils le demandaient, sur le registre des psychothérapeutes.

Mais le brouhaha imbécile produit dans divers groupes de psy, dénonçant la « constitution de listes analogues à celles, autrefois, des juifs » ( !) a découragé le législateur, qui demande finalement au psychanalyste de partager (en un nombre d'heures minimum) la formation de base prévue.

7 Aujourd'hui, pour être clair :

 a) les psychanalystes sont formés et reconnus par leurs associations. Ils pratiquent à ce titre.

 b) ceux qui souhaitent à cause d'un exercice dans un organisme public réclamant le titre de psychothérapeute, ou bien pour un exercice privé différent de celui de la psychanalyse, être inscrits sur le registre des psychothérapeutes ont à passer par la formation de base prévue. Ou bien à faire justifier de cinq années de pratique.

8 Il n'y a rien d'autre à ajouter. 

 

Si toutefois des questions paraissaient devoir être soulevées, prière de les envoyer à l'ALI.

Notes
Bibliographie