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Prêche aux poissons

Auteur : Didier de Brouwer 26/12/2011

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Prêche aux poissons

 

 

Conceptualiser une fin repose sur une imaginarisation de l'espace ou une symbolisation du temps.  Par contre lorsque celle-ci survient dans le réel d'une vie, elle excède la situation qui la précède, elle fait événement pour un sujet.  Freud a imaginé l'espace psychique comme étendue, surface d'inscription traversée de frontières mouvantes.  A chaque période de la vie, force est de constater que l'intensité pulsionnelle peut réinvestir des traces que l'analyse paraissait avoir désactivées, interrompant la ronde de leur répétition qui fait symptôme.  En cela, il n'y a pas de représentation de l'espace psychique où une fin soit situable. 

Lacan, s'il considère la fin de l'analyse comme invérifiable dans La Troisième, tente de l'inscrire dans une dimension qui intègre le temps, espace topologique, ''autre scène'' en acte de ses nouages borroméens.  Ce nouage il faut l'être écrivait-il, ou plutôt il faut s'en faire l'agent par le semblant, chaque cure nous y convoque.  Le ''calage'' de l'objet - insensé d'une jouissance qui ne peut s'atteindre, dont il n'y pas d'idée, fin du fin relançant sans cesse la pulsion - n'est rien d'autre que travail de déchiffrage.  Le déchiffrage établit-il toujours les points fixes sans lesquels aucun recalage de l'objet n'est possible?

Dans quelle conception de l'espace et du temps se mouvoir?  Le ''refus du féminin'' peut-il être surmonté?  « Prêche aux poissons », vanité, répondait Freud.  Déchiffrer mène-t-il nécessairement à supporter l'impossible, ce qui ne cesse pas de ne pas s'écrire?  A chaque analyste d'accompagner son analysant jusque là où il en est averti.  Nous tenterons de l'illustrer de questions suscitées par des cures.

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