Pour une autorité de santé responsable
Auteur : Charles Melman 14/05/2012
Pour une autorité de santé responsable
Si la Haute Autorité de Santé se réclame des procédures scientifiques on peut regretter qu’elle ne les applique pas à sa propre démarche. Il est facile de vérifier en effet que
1 — la recherche en neurobiologie cérébrale et la génétique médicale ne sont toujours pas parvenues à montrer une corrélation entre une anomalie génétique ou une lésion cérébrale avec un trouble psychiatrique. Le déficit résultant est organique et fonctionnel, non pas créateur d’une maladie psychique.
2 — en matière d’autisme, ce type de recherche n’est toujours pas parvenu à mettre en évidence une altération des tissus ou des circuits chez le nouveau-né. Une fois la carence du développement diagnostiquée chez l’enfant, on conçoit que lui réponde “in situ” dans le cerveau, un désordre organique. Et la persévérance de la recherche est certes justifiée, mais ne permet pour aucun des cas cités de conclure à ce jour sur la primauté du rôle de la fonction ou de l’organe. Nous disons qu’il est possible que la fonction soit handicapée par un défaut organique originel, mais cette possibilité, jamais confirmée, n’autorise pas sauf à se disqualifier l’exclusion de ceux qui explorent une autre priorité.
3 — les bonnes pratiques recommandées en ce domaine sont celles d’une rééducation polyfonctionnelle, y compris sexuelle d’ailleurs, insoucieuse du sujet susceptible de venir habiter ce corps ainsi formaté. Ce résultat étant, à quelques raffinements fonctionnels près, représentatif de l’état même qu’il y avait au départ, on saisit mal en quoi il s’agit de “bonnes pratiques ”. Sauf si on voit dans le golem une réussite de la fabrication médicale.
4 — parler de “recommandations” de bonne pratique est un euphémisme puisqu’il s’agit en fait d’injonctions qui introduisent un bouleversement radical de la formation du personnel soignant et l’éviction de ceux qui ne partagent pas la religion de la H.A.S. Il s’agit d’un domaine où les financements et les intérêts matériels sont forcément concernés – on ne voudra pas prendre en compte par exemple le problème des relations avec l’industrie pharmaceutique – et ces conséquences auront à être précisées.
5 — il s’agit bien de religion puisque le fameux “consensus” dont se réclame la H.A.S. n’a pu s’établir qu’au prix de l’élimination de tous les mal-pensants. Il est étonnant qu’une procédure qui se réclame de la science, sans pour autant la valider par ailleurs, puisse prendre l’allure de celle d’une secte.
6 — on s’étonnera enfin du remarquable lobbying exercé par la H.A.S. auprès de la presse puisqu’il n’est pas un article paru qui n’ait été inspiré par ses soins.
Charles Melman
