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Les contre-transferts

Auteur : Charles Melman 19/06/2012

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Les contre-transferts

 

À la neutralité bienveillante attendue de l’analyste pourrait se substituer dans certains cas des prises de parti liées à son histoire personnelle, voire aux restes de sa névrose.

Le terme de contre-transfert est cependant plus riche qu’il n’y paraît dans ces cas puisqu’il laisse penser plus précisément que c’est le mode de traitement par le patient de l’instance à laquelle il s’adresse dans l’Autre qui viendrait contrarier la relation personnelle qu’a l’analyste avec elle. Et c’est son surmoi qui dans ce cas viendrait polluer la relation.

Mais une autre considération nous paraît plus intéressante. Il est avéré en effet que la place et la figure investies dans le transfert sont le siège de sensations, d’émotions, de pensées dont le retour est inclus, quoique partie silencieuse du dialogue, dans l’adresse qui leur est faite par le patient. S’abstenir de les entendre peut être utile pour rendre sensible la vacuité du lien visé et donc la vacuité des passions déployées. Mais dans certains cas c’est le lien lui-même qui risque de disparaître faute des réactions de celui qui dans l’opération s’y trouve logé.

Cette alternance dans le maniement du transfert et du contre-transfert était lisible dans la conduite de la cure menée par Lacan. Pourquoi ne pas le rappeler ?

Charles Melman


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