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Le K. D. S.

Auteur : Charles Melman 16/05/2011

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Il y a une distance intersidérale entre la gravité des problèmes économiques dont DSK a la charge et cette charge qu'on fait peser sur lui à propos d'une affaire privée.

En quoi me regarde-t-elle, si je cesse d'avoir sur les responsables politiques ce regard qu'ont les enfants sur des parents dont ils attendent quoi ? Qu'ils cessent d'avoir de bruyants ébats nocturnes ? Qu'ils en finissent de s'accuser d'adultère ? Qu'ils restent bien tranquilles, déjà morts avant le cimetière ?

L'outrage dénoncé à cette occasion ne concerne pas seulement une personne, la malheureuse en cause si elle a été agressée, mais l'attroupement des voyeurs dont on excite l'appétit par l'exhibition des dessous des grands. Mais qu'ont donc ceux-ci de plus ou moins maladroits que ceux de quiconque ?

L'outrage qui importe est cette façon de faire une marchandise de vies privées qui n'ont rien de remarquable, y compris quand ce sont celles de puissants.

Il n'y a pas de pire déficit dans nos démocraties que ce traitement des citoyens comme des idiots goitreux, dont l'ambition est de faire de la télé-réalité. Car on l'a noté, bien sûr : le déchaînement des protagonistes car cette affaire est bien celle de malheureux qui ont enfin trouvé l'occasion de paraître dans un feuilleton télévisé.

Quoi qu'il ait pu faire DSK est la victime d'un scénario déjà plusieurs fois tourné. Et les policiers qui ont osé le sortir du commissariat de Harlem menotté dans le dos jouent les gardiens d'un ordre moral qu'ils imaginent être celui du peuple quand il n'est que celui de la populace.

Notes
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