La francopathie (1er épisode)
Auteur : Charles Melman 21/10/2010
Il y a aujourd'hui un mal français sensible dans de nombreux domaines. Les échanges sociaux, l'activité économique, la vie politique, l'enseignement, la justice, la police, les références idéologiques, etc. semblent également frappées. Comme sur le « Titanic » ce lent naufrage se fait alors qu'un orchestre gouvernemental épuisé continue de jouer les airs entraînants des fêtes et de nuits blanches qui s'enchaînent. Ainsi les informations matinales, successions de mauvaises nouvelles, sont données dans l'exubérance joyeuse de journalistes rigolards excités, audience oblige.
Mais le plus sensible est peut-être encore un incivisme généralisé, l'individualisme catégoriel au singulier prévalent, qui témoignent du renoncement à une appartenance commune. Certes des manifestations explosives épisodiques ponctuent la tentative de reconstituer le groupe. Mais elles s'observent surtout dans le champ sportif, sont éphémères, et ne débordent pas le domaine du virtuel.
Quant à la xénophobie, exploitée par tel parti politique, elle montre vite ses limites, y compris à l'intérieur même de ce parti : vouloir constituer une communauté par le rassemblement contre un ennemi néglige le fait que le partage acquis d'un trait de haine, s'il sert de marque identitaire, finit régulièrement par se retourner contre les porteurs eux-mêmes.
Nous essayerons dans un deuxième épisode d'analyser les causes du mal français, ici esquissé.
